VOYAGE EN RUSSIE et MONGOLIE – 3 mois d’aventures aux pays de Michel Strogoff et de Gengis Kahn…

Bonjour/Zdravstvouïtié

Après avoir visité Saint-Peterbourg et Moscou avec ses cathédrales aux toits dorés, ses longues façades baroques et néoclassiques des palais, ses canaux, ses jardins où les allées sont parées de statues et de fontaines, le musée de l’ermitage (splendide), la place rouge, les stations de métro moscovites décorées de mosaïque, de sculptures en bronze aux couloirs en marbre ainsi que le goum (centre commercial luxueux) ; la neige stalinienne tombe à Moscou. En fait, c’est le pollen des nombreux arbres de la ville. Les jeunes filles moscovites sont très jolies. Elles créent la mode : des robes longues aux mini-shorts, des rayures aux motifs fleuris, des couleurs vives aux couleurs pâles, des ballerines/sandales aux talons très hauts La vie est chère (20 à 30 % de plus qu’en France), le pouvoir d’achat d’une grande majorité de russes n’est pas élevé. Seul le prix de l’essence est avantageux : 70 centimes d’euro le litre de diesel à payer avant de se servir. Nous constatons qu’une des boites de vitesse de la voiture fuit depuis plusieurs jours nous obligeant à surveiller le niveau régulièrement, tout sera réparé dans un garage d’Oulan Bator grâce à la livraison express d’une pièce envoyée par notre partenaire Euro4X4parts.com.

Deux équipages partent prétextant que la route et les visites les fatiguent. Nous mettrons plusieurs jours à accepter cette situation sachant qu’à Perm une équipe sur place nous attend pour réaliser une action solidaire, de leurs côtés tout se préparait pour accueillir quatre véhicules ; tant pis malgré la grande déception nous assurerons à deux équipages cette rencontre avec le personnel hospitalier et les enfants.

A travers le pays le contact avec les russes est très différent de ce que nous connaissons. Certains russes ne font aucun effort pour nous comprendre. C’est surprenant. D’autres semblent désolés de ne pas nous renseigner en français ou en anglais. L’anglais nous sert peu. Rien de mieux que le langage des signes. Sur la route, les russes sont dangereux : aucun respect de la sécurité routière. Nous croisons des Lada 21.07, des Uaz, des camions par dizaine, des Kamaz, des voitures de luxe sans oublier les Hummer. Les routes sont rectilignes mais souvent en mauvais état. Beaucoup de policiers, peu de contrôles. Les zones traversées sont marécageuses, ce qui explique les moustiques à profusion. Nous avons visité Kazan avec sa Mosquée et ses cathédrales.

Les routes défoncées commencent à solliciter nos véhicules, les révisions du soir sont nécessaires, niveaux, nettoyages, petites réparations rtyhment les bivouacs.

Nous avons réalisé notre premier objectif humanitaire à Perm : un hôpital pour enfants tuberculeux. L’hôpital est vétuste mais propre. Le personnel est attentionné aux enfants. Les chambres possèdent 4 lits. Nos dons sont les bienvenus. Ils semblent manquer de matériel mais n’osent pas le dire. C’est un premier contact.

Les kilomètres s’enchaînent 7000 km à avaler en 2 semaines. Nous privilégions les parkings de camions gardés aux bivouacs avec invasion de moustiques. La voiture est poussiéreuse. Nous aussi. Sur la route, des russes nous saluent gentiment. Nous avons des marques de sympathie. Nous sommes même photographiés.

Nous goutons les spécialités russes, c’est quelquefois « intéressant  » : soupe froide de pommes fermentées avec morceaux de saucisses, concombres, pommes de terre et aneth. Le borchtch (soupe chaude à la betterave) est excellent. Les raviolis à la viande sont acceptables, les beignets fourrés à la viande un peu gras. Nous devons payer le pain qui accompagne nos plats, quelquefois il est rassis. Cela fait partie du folklore. Nous tombons sur des serveuses peu aimables qui nous parlent russes avec impatience, d’autres sont charmantes et rigolent avec nous. Nous cuisinons « français  » avec notre réchaud. Nous continuons la route. Les routes sont parfois très abîmées. Les stations services possèdent souvent des guichets sécurisés avec grille. Nous devons payer à l’avance sinon pas d’essence. Le paysage est verdoyant, toujours marécageux avec des forêts de sapins et de bouleaux. . Nous avons traversé Jekaterinburg, Omsk, Novosibirsk (villes industrielles peu attrayantes). Nous sommes à Krasnojarsk. Quelques pannes soudures de réservoir auxiliaires cassées sur l’Iveco, fuite en sortie de boite de transfert seront résolus en arrivant en Mongolie dans Oulan Bator.

Nous avons visité Irkutsk , contrée où Michel Strogoff prit vie. Jules Verne nous a fait rêvé avec ce roman, nous le vivons aujourd’hui. Ville moderne envahie de panneaux publicitaires avec un marché de produits chinois côtoyant des magasins de luxe. Par ailleurs, de jolis bâtisses aux différents styles, de belles églises. Ville culturelle également : musées, théâtre, cinéma et même un cirque.

Nous reprenons la route. Quelquefois, des vaches broutent sur les bords de la route transibérienne. Une chèvre traverse sans se soucier du passage incessant des véhicules. Nous voyons malheureusement quelques chiens écrasés. Les russes doublent à droite, doublent dans les virages sans visibilité. Souvent, un véhicule se trouve face à nous dans notre file. Aussi beaucoup d’accidents. Il faut redoubler de vigilance.

Nous avons longé au sud, le lac Baïkal. La sérénité qui s’en dégage en fait un endroit unique. La route est vallonnée : les montagnes russes. 8% à 10 % de montées ou de descentes sur 2 km plusieurs fois. Des forêts de sapins à perte de vue. Un bref passage à Ulan Ude puis direction la douane. 2h30 le passage en douane russe et Mongole.

Arrivée en Mongolie, la nature s’offre à nous. Nous ne reconnaissons pas le paysage, nous sommes dans le nord de la Mongolie. La terre est sablonneuse et pourtant l’herbe pousse. Quelques arbres s’élèvent dans ces dunes à perte de vue. Notre premier bivouac mongol est agrémenté par de petits écureuils noirs qui se cachent dès qu’on les approche. Des petits chiens de prairie traversent la route. Au loin, nous apercevons les premières yourtes avec des troupeaux de chèvres. De jeunes cavaliers s’entraînent pour le Naadam. Des yacks broutent au bord de la route. Nous nous dirigeons vers Oulan Baator et déjà nos yeux se brident.

A Oulan Bator, Les jeunes filles utilisent des parapluies en guise d’ombrelles. Il faut dire qu’il fait 35 degrés. Ville du 4X4 par excellence, on les comprend, les routes sont abîmées. Je n’ai jamais croisé autant de Hummer de ma vie. La capitale possède une allure très soviétique, les bâtiments comportent parfois des colonnades, construits en carré autour d’une cour aménagée.

Après avoir visité la ville et ses musées, nous visitons la statue géante de Genghis Khan près de Nalaïkh. Il s’agit d’un monument argenté haut de 40 mètres. On ne peut pas le manquer. Nous retrouvons aussi d’autres voyageurs du cœur avec qui nous prolongeons nos visas.

Nous avons eu l’honneur de rencontrer le vice-ministre de la santé, qui sortait d’une réunion avec le premier ministre pour lui parler de nos actions envers les handicapés de Mongolie avec l’association « Creative pour femmes ».

Nous avons visité le premier monastère bouddhique de Mongolie à Karakorum. À son apogée, 1000 moines vivaient entre ses murs. Nous traversons des steppes aux vertes vallées, des forêts de pinèdes, nous longeons des chaînes montagneuses aux roches volcaniques.

Nous petit-déjeunons souvent en compagnie des chevaux, des yacks, des chèvres et des moutons. Les chiens de prairie rentrent dans leur terrier dès que nous les approchons, pendant que des rapaces volent au dessus de nos têtes.

Les pistes sont de plus en plus difficiles avec des dévers, des roches sur les chemins, des bourbiers ce qui confirme la grande dureté des pistes mongoles annocées avant notre départ. Nous avons retrouvé au bout de 2h30 de recherche dans la steppe nos amis motards réunionnais avec qui nous réalisons un projet de donner les motos achetées par Voyageurs du Coeur à la fin de leur périple à des familles défavorisées. Ambiance chaleureuse assurée sous une pluie de grêle. Le temps change très vite en Mongolie.

Après un bain dans les sources chaudes, nous nous dirigeons vers Tsetselerg. Beaucoup de mouches mais pas de mouches TséTsé…

Les toits jaunes, verts, bleus, rouges des maisons des villages égayent les vertes vallées. Au loin, nous apercevons des dizaines de points blancs et noirs au flanc des montagnes, ce sont des troupeaux de chèvres et de moutons.

Après Tsetselerg, nous nous arrêtons près de la formation rocheuse de Taïkhar Chuluu. Une légende raconte qu’un grand baatar aurait anéanti un énorme serpent avec cette gigantesque pierre. La modernité fait son apparition dans les steppes, les troupeaux sont quelquefois rassemblés par des motards. Les antennes satellite et les panneaux solaires ornent les yourtes.

Nous reprenons les routes/pistes « Orangina, secouez-moi, secouez-moi » à cause des cailloux, des roches, des ravines… Le linge étendu à l’arrière de la voiture, fait des soleils. Nous roulons à 20 -30 km/h. Nous avons appris à vivre avec la poussière, la boue et les inondations. Les Hommes et la mécanique souffrent. Heureusement, la gentillesse des nomades, les paysages somptueux, la faune et la flore nous émerveillent. L’odeur du thym sauvage dans les prairies réveille nos sens perdus.

À Tosontsengel ; les maisons en bois, les allées poussiéreuses et les cavaliers donnent à cette ville un air de Far-west. Uliastay est entourée de rivières, la vallée est luxuriante. On en profite pour faire nos lessives.

Surprise, en faisant nos courses en ville : nous retrouvons nos amis Voyageurs du Cœur avec deux jours d’avance. Grande retrouvaille. Quel bonheur ! En nous dirigeant à trois véhicules vers Altay, la piste devient sablonneuse. Nous croisons un troupeau de chameaux. Jolie rencontre, au détour d’un chemin. En se dirigeant ver Biger, nous bivouaquons à 3000 mètres d’altitude, il fait très froid, la doudoune est obligatoire.

Le lendemain, nous traversons un canyon, il fait 40 degrés. Nous roulons dans le lit d’un torrent sur 10 kilomètres avec de réels franchissements, un 4X4 est indispensable. Il faudra plus de 2 heures à la sortie pour faire 6 kilomètres et rejoindre une piste.

Nous sommes dans le désert de Gobi, désert de cailloux, désert de sable. À Bayan-Ondor, nous réalisons un objectif. Nous faisons dessiner les enfants du village et leur offrons des feutres, crayons de couleurs, ballons, survêtements. Ils nous ravissent en réalisant un spectacle de danse, c’est fantastique. Un chanteur nous interprète un chant diphonique, une jeune fille réalise des acrobaties. C’est fabuleux. Moment magique parmi les villageois.

Nous traversons Gurvantes. Nous reprenons la piste après avoir planté un drapeau pour notre partenaire Euro4X4parts.com dans une dune de sable. Nous lui devons bien cela sans lui plusieurs véhicules n’auraient pas été prêts et nous avons la chance d’avoir leur support de deux pannes importantes en recevant les pièces gratuitement depuis la France. Chapeau à eux pour leur soutien…

Nous arrivons à Dalanzadag capitale du Gobi. Trois jours à réparer les véhicules et panser les plaies du Gobi. La traversée a été difficile avec un des véhicules qui s’arrêtait tous les 20 kilomètres (problème de pompe), problème de chauffe moteur, radiateur perçé en plein désert (réparation avec soudure à froid et produit stop fuite), silents blocs amortisseurs fondus du à la tôle ondulée difficile à supporter…

Le périple continue, nous remontons vers la capitale. En chemin, nous assistons à plusieurs Naadam (course de chevaux, lutte, tir à l’arc). La course de chevaux s’étend sur 24 km, les cavaliers (des enfants) arrivent épuisés, les chevaux, en sueur. Il faut du courage pour finir la course. Deux chevaux traversent la ligne d’arrivée, seuls. Certains enfants montent à cru, en guise de bottes portent des chaussettes, sans bombe sur la tête. Heureusement les chutes sont peu fréquentes. La course est encadrée par des 4X4. Les enfants sont quelquefois très jeunes. À croire qu’ils ont appris à faire du cheval avant de marcher.

Les archers visent des cibles à terre. Lorsqu’elles sont atteintes, les ramasseurs de flèches entament un chant en levant les bras. Les combats de lutteurs sont quelquefois inéquitables, les poids légers peuvent rivaliser avec des poids lourds. Ils sont beaux ces athlètes vêtus d’une culotte découpée sur les cuisses, d’un boléro bleu ou rouge, de solides bottes de cuir à bout relevé et d’une calotte à pans rabattables en velours.

Nous prenons des pistes pour rejoindre Bulgan dans le nord. Il pleut et les pistes sont détrempées. Nous dépannons 2 véhicules avec notre treuil.  Jamais 2 sans 3, en descendant une piste de montagne, nous glissons sur la glaise plongeant une roue dans une ravine. Nous n’avions pas encore testé les pistes « patinoire » maintenant, c’est fait. Grosse frayeur car même à l’arrêt le véhicule glissait vers une piste abrubte, blocages mis en 1ere courte nous tentons de redresser doucement sans freiner mais la pente a eu raison du véhicule qui se couche sur le côté… Après quelques heures et d’huile de coude nous réussissons à le mettre en travers et lui permettre de franchir à coups de pelle et plaques les fossés permettant de rejoindre les champs. Une journée à rechercher une sortie pour s’échapepr de cette vallée.

Nous finissons le séjour mongol en visitant le monastère d’Amarbayasgalant avec ses temples bouddhiques. Nous avons de plus en plus de problèmes avec la boite de vitesse et la boite de transfert mais pas le choix nous reprenons la route du Nord… On croise les doigts.

2 heures à la douane de Kyakhta, nous revoilà en Russie.

Ulan-Ude, Irkutsk, nous sommes sur le chemin de retour.

On longe le lac baikal quand soudain bling, blang, bong la boite de vitesse joue de la batterie, le levier de vitesse se bloque mais nous offre une chance de continuer en acceptant la 3éme vitesse en guise de salut. Nous arrivons péniblement jusqu’au garage Toyota d’Irkoustk qui après une réflexion de la part des dirigeants acceptent finalement que l’on entre dans cet immense salle gorgée de ponts aux rutilantes berlines 4X4 perchées comme pour affirmer la suprématie de la marque en Russie. Démontage des deux boites de vitesse de notre 4X4 meurtri, le verdict est sans appel ; pas possible de réparer il faudra rappatrier la voiture à Paris mais comment faire, nous sommes à 10000 kms de Paris…

Après moultes négociations qui auront duré 5 jours, Mondial Assistance accepte de nous rappatrier en France dans le garage de notre choix. Nous restons 10 jours à Irkoutsk pour réussir le challenge de réussir à faire partir la voiture sans nous… La panne est une rencontre, nous avons cette chance de rencontrer Ivan parlant bien le français qui va nous faciliter les démarches avec les douanes, nous mettre en relation avec Olga la traductrice qui nous facilitera aux notaires chargés d’acter nos démarches administratives. 3 semaines plus tard la voiture arrive à bon port à Lyon au garage Couteau spécialiste de ce modèle de voiture.

La Mongolie, un pays à parcourir avec un vrai 4X4 sur la partie sud l’Altai et le Gobi. Nous avons subi des journées entières des pistes en devers, de la tôle ondulée, des pistes avec des ravines énormes, des cuvettes à franchir ou l’arrière touchait à chaque passage, des rivières à franchir, des culs de sacs en montagne au bout de 50 kms d’exploration… Un pays, un peuple à découvrir avant que la mondialisation transforme les fils du vent nomades aux grandes steppes en sédentaires entassés dans les grandes villes…

Article sur 4X4pasion 

 

octobre 5, 2013

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