Mission de la famille suisse de Gildo en 2011 pour les Enfants d’Aicha…

 

C’est avec une grande impatience que nous avons fait le trajet jusqu’à Tagannt depuis le regroupement des véhicules à Tiznit…

Arrivés sur place, devant notre porte en métal, Aicha ne nous entend pas tambouriner sur sa porte..peut-être n’est elle pas là…

Un thé à la menthe au café du coin nous réchauffera car, malgré la réputation météorologique du pays, les trois équipages composés de Madée et Rens, de Philippe et de Lydie, de Gildo , Alexandra et les loulous Arnaud et Solange, avont froid…Il fait un vent !!

Quelques minutes plus tard, une horde d’enfants traverse la route, sur leur dos, des sacs d’école « bien Européen »…nous nous levons et tentons une première approche…les enfants se pressent à tambouriner à cette porte, ils ont pour certains un peu peur de nous, pour d’autres, mille questions dans leur regards…

Un enfant ouvre cette porte et s’engouffre alors, cette nuée de petites têtes…Nous suivons même si nous ne sommes pas chez nous, bien trop froid pour rester dehors…

Premier constat en montant l’escalier, il fait froid dans cette grande maison au pièces hautes. Un vrai courant d’air, un tourbillon d’odeurs charriées par ces vents traversants la bâtisse.

Aicha nous accueil en haut, adorable, gentille et souriante…puis, l’heure du thé arrive…premier échange avec les enfants..les moins timides nous approchent, des téméraires s’osent même à venir s’asseoir auprès de nous.

Le thé avalé, Aicha nous fait découvrir la maison…même constat…peu de meubles (une table basse ci et là, un grand tapis, des matelas à même le sol, des lits de bébés), pas de jouets, une télévision  posée sur un meuble vacillant…et toujours ces courants d’air !

Sur la terrasse, une cuisine, portes ouvertes et à côté, une salle à manger , deux tables basses et une vingtaine de mini chaises en plastique…pas de chaise pour les adultes, à croire qu’Aicha ne vit que debout…

Pendant qu’Arnaud et Solange partageaient le repas avec cette vingtaine de nouveaux copains, nous entreprenons de vider les trois véhicules. Sous le regards des badauds, des commerçants et autres restaurateurs, nous déversons des centaines de kilos de jouets, d’habits, de matériel scolaire, de produits d’hygiène…Un grand salon est transformé en salle de jeux…des jouets à perte de vue, des cadeaux de nos donateurs…les enfants jouent…

Puis heureux de la tâche accomplie, on se dit que l’on pourrait pousser le bouchon plus loin…Il y a tous ces carreaux manquants, cassés, ces fenêtres qui ne ferment plus…Après tout, ce n’est pas parce que nous sommes au portes du Sahara et qu’il est censé faire chaud que nous devons laisser ces enfants la morve aux narine…Alors, passage à l’action «réfection des carreaux », trouvé un fournisseur d’échelle, démontage des fenêtres, négociation avec les commerçants (des jeans contre des vitres) , du bois pour couvrir certaines ouvertures de façade, du plastique dur mais transparent permettant de boucher les puits de lumière ( qui laissent aussi passer l’eau ! ), de la visserie, des poignées…En moins de trois heures, tous le matériel nécessaire est trouvé ( des commerçants sont même partis dans la ville voisine pour nous trouver des vitres ) et , la maison amputée de ses courants d’air !

Un membre à même trouver une nouvelle vocation d’opticien en trouvant de quoi réparer et en rafistolant une paire de lunette que la petite Yasmina ne pouvait plus utiliser depuis des semaines…Une magnifique réparation de fortune, merci Philippe.

Nous voilà remplis de fatigue et de satisfaction d’avoir fait quelque chose de bien…

Pendant qu’Aicha nous invite au repas du soir et qu’elle le prépare, les femmes du groupe préparent le riz des enfants ( 6 kg pour un seul repas ! ) , nourrissent les enfants de ce seul repas sans accompagnement sauf un filet d’huile d’olive et regardent Aicha préparer le pain du lendemain. Les hommes eux, partent échanger des kilos et des kilos d’habits contre de la nourriture auprès des épiciers du village..Même si ce troc est en notre défaveur, cela nourrira les petits..Voilà plus d’une semaine qu’ils n’on pas eût un verre de lait !

Après toutes ces émotions, nous reprenons la route pour nous trouver un coin ou dormir, et le lendemain, nous nous posons pleins de questions…ou sont les meubles ?que fait Aicha de tous ces habits ?quelles aides reçoit elle de l’Etat ? Où va l’argent ? Comment peut elle vivre sans recevoir d’argent ? Seul conclusion à nos multiples questions…peu importe ces questions, elle élève à elle seule 22 enfants abandonnés ! 22 bouches à nourrir, 22 bains à donner, 22 éducations à transmettre, 22 enfants avides de valeurs, de connaissance, de vie…Nous ne devons pas juger, juste admirer…et peu importe si les jeux ne seront plus là, elle se débrouillera pour nourrir les enfants, non pour d’autres activités et c’est bien ça le plus important !!

Après une razzia au marché de Guelmim, nous remontons à Tagannt livrer les vivres et faire encore quelque trocs…même les compact disques des autos sont échangés contre des yaourts.

Nous ne verrons pas tous les enfants car, il y a école en ce samedi….et il est probable que cela nous arrange bien…repartir sera sûrement plus facile sans les regards…c’est ainsi…

Nous voilà repartis maintenant pour Igmir …il y a encore quelques kilos de matériel scolaire à livrer….demain matin…..

Puis,  la partie touristique commence réellement mais ça, chacun le garde pour soi…peut-être par pudeur…car, notre société n’aime pas comparer leur misère et nos privilèges….

décembre 7, 2011

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