Portugal 2012 – L’orphelinat aux 102 enfants…

Pays aux villages de rues pavées, aux maisons en pierre de granit et carrelées, aux multiples églises, aux jardins parsemés de fleurs multicolores, aux bars de chanteurs de fado…

Ils et elles s’appellent Gabriel, Anita, José, Carmen, Alvaro, Telma, Vicente, Barbara, Filipe, Fatima, Jorge… ils et elles ont  6 ans, 8 ans, 10 ans, 12 ans… ils courent, ils sautent, ils crient, ils chuchotent, ils refont leur monde, ils rient, ils pleurent, ils obéissent, ils désobéissent – et écrivent des punitions je ne suis pas insolent, je ne me bagarre pas avec mes camarades, j’écoute les consignes des animateurs – ils se mettent en boule, ils ferment les yeux, ils s’endorment… Ce sont des enfants.

Ils dorment en dortoirs, ils se déchaussent ensemble, mangent ensemble, jouent, participent à des activités collectives sur le thème de l’aventure cette année, répètent une pièce de théâtre pour le soir, vont à la plage, dessinent, rêvent… Ce sont des enfants en colonie de vacances.

102 regards tendres, 102 histoires de vie. Quand on entre dans le couloir, on a l’impression d’entrer dans la maison des 102 nains, toutes les chaussures sont alignées contre le mur. Tous les matelas posés côte à côte dans la salle de classe devenue dortoir de cette école transformée en hébergement de vacances font penser au Petit Poucet, quand il dort avec les filles de l’ogre. Mais ces enfants ne viennent pas d’un conte de fées, ils viennent d’une tragédie. Ils connaissent la vie en collectivité car, orphelins ou victimes de maltraitance, ils sont placés dans une institution dirigée par le Père Joachim, à Braga.

Ici, en vacances au bord de la mer à Castelo de Neiva, ils ont un temps et un espace pour vivre leur conte d’enfance et retrouvent le sourire, grâce à une association de bénévoles. Notre contact,  Guilhermina, femme dévouée, professeur de français, nous accompagne au centre de vacances. Nous prenons en chemin l’une de ses amies, mère de trois animatrices. Ces jeunes filles issues d’un milieu favorisé pourraient profiter de leur été à bronzer autour de la piscine, elles ont choisi de consacrer une partie de leurs vacances à s’occuper des enfants. Bravo les filles !

Nous entrons dans une école très bien entretenue où 25 animateurs encadrent les enfants avec le père Joachim. Ils effectuent de plus, les tâches ménagères, la préparation des repas, la vaisselle, la lessive,… Certains d’entre eux, tout au long de l’année, recherchent des dons financiers et matériels pour subvenir aux besoins des enfants.

Après avoir visité l’école-centre de vacances, nous partons nous restaurer. Les enfants rentrés de la plage ont déjeuné : soupe, boulettes de viande sauce tomate, spaghetti, melon et pastèque.

Nous apportons deux grands sacs de vêtements (vêtements tricotés par Annie Daulé et ses amies), une centaine de nounours ainsi que des balles de tennis. Une animatrice explique aux enfants que nous sommes français.

Un animateur prend sa guitare et tous les enfants entonnent une chanson en coeur. C’est émouvant, majestueux. Je dissimule mon émotion en séchant quelques larmes. Rien n’est plus beau que des enfants joyeux : chansons portugaises, rires, mimes, applaudissements. Les animateurs afférés en cuisine rejoignent les enfants pour leur plus grand bonheur.  Le père Joachim est remercié par les enfants. Nous lui confions un petit budget pour améliorer les conditions de vie des enfants à l’orphelinat.  Un livre de chansons nous est donné. Nous ne manquerons pas de le faire traduire à notre retour en France. Une animatrice envoie une petite fille m’embrasser, sa robe est trop grande pour elle. Je la prends de mes bras, l’enlace, la câline, lui rend ses bisous. Jamais je n’oublierai ce tendre moment chargé d’émotion.

Texte de Véronique relu par Isabelle.

septembre 5, 2012

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