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Actions passées

Expédition Voyageurs du Cœur RUSSIE/ MONGOLIE 2013… Retour sur expérience vécue pendant 3 mois…

Dates :  01/06/2013 au 31/08/2013

Durée du voyage : 3 mois

Kilométrage parcouru : 17000 km sur les 25000 prévus

Litres de gasoil consommés : 2550 Litres

Distance quotidienne : 400/ 500 km en Russie et 150/200 km en Mongolie

Nombre d’étapes : 12 grandes villes étapes.

Coût global : +/- 7000 € dont 500€ de visas.

Voir la galerie photos sur la Mongolie:

Un itinéraire aventureux  leur a permis d’effectuer une grande boucle à travers la Mongolie centrale et méridionale et le désert de Gobi. Ils ont pu découvrir l’essentiel de la Mongolie; les dunes et les plaines arides du Gobi, les montagnes boisées ainsi que  les steppes verdoyantes de Khangai avec leurs éleveurs-nomades de chameaux, chèvres, moutons et yacks. 
Des nuits sous la yourte à côté de familles nomades ont permis a notre groupe de reporters d’échanger sur les cultures respectives et même de partager de la cuisine locale Réunionnaise apporté dans les bagages. Les UAZ transportaient aussi un video projecteur utilisé pour projeter des films de leurs précédentes expéditions aux populations nomades.

Un caméraman professionnel Serge Marizy a suivi l’expédition pour réaliser un reportage qui sera diffusé sur les chaines locales de l’île de la réunion.

Le véhicule Toyota Land Cruiser HZJ 78 4,2 L 6 cylindres.

Après avoir roulé des années en Land 110, nous recherchions un véhicule  avec un plus grand volume  habitable pour ne plus être obligé de dormir dans une tente de toit. Nous voulions un véhicule avec de bonnes capacités de franchissement et notre choix s’est porté sur un Toyota Land Cruiser HZJ 78  d’occasion équipé d’origine des blocages de ponts AR et AR ainsi qu’un blocage central et équipé d’un toit relevable de chez Roy Créations.

Nous avons mis deux ans à le préparer, bien aidé en cela par nos différents partenaires dont notamment Euro4x4parts.

Notre toy a été équipé de pare-chocs ARB,  d’un réservoir de gasoil de 150l LRA, des lames OME renforcées accompagnées d’amortisseurs TouchDog, d’un treuil 6t T-MAX pour nous sortir d’éventuelles mauvaises passes, de rails aéro pour fixer tout le matos, de jantes acier de HZJ105 réputées super solides montées de pneus BF Goodrich MUD. Qcuestion mécanique le radiateur,  la pompe à eau,  et l’embrayage ont été remplacé remis à neuf. Toutes ces modifs ont été validées par un petit voyage test au Portugal.

Quelques mois avant le départ nous avons confié la réfection des boites de vitesse et de transfert à un préparateur local  mais comme nous le verrons plus loin cela ne nous a pas porté vraiment chance au cours de ce voyage…

Départ Gagny

1er juin – 6hr du matin le réveil sonne… Ca y est c’est le grand jour… Toute la maison se réveille avec une certaine angoisse liée au départ… Nos deux filles encore dans un nuage déjeunent avec nous et de nouveau nous donnons les dernières recommandations pour ce voyage de 3 mois… « eh les parents cool, on va gérer la maison pendant votre voyage partez tranquille »… BAC et 18 ans pour la dernière et BTS pour la grande seront des épreuves qu’elles devront franchir seules, mais nous avons leur bénédiction, donc cap à l’est… Nous sortons dans la rue et nos amis voisins nous attendent pour nous dire un dernier au revoir… 8h le 6 cylindre du Toyota se met en route pour affronter les milliers de kms qui nous séparent de nos objectifs…

Zdravstvouïtié ! (Bonjour en Russe !)

Après avoir visité Saint-Peterbourg et Moscou avec ses cathédrales aux toits dorés, ses longues façades baroques et néoclassiques des palais, ses canaux, ses jardins où les allées sont parées de statues et de fontaines, le musée de l’ermitage (splendide), la place rouge (pas si grande en fait!), les stations de métro moscovites décorées de mosaïque, de sculptures en bronze aux couloirs en marbre ainsi que le Goum ( Luxeux centre commercial) ; la neige Stalinienne tombe à Moscou. En fait de neige, c’est le pollen des nombreux arbres de la ville qui tombe !

Les jeunes filles moscovites sont très jolies. Elles créent la mode : des robes longues aux mini-shorts, des rayures aux motifs fleuris, des couleurs vives aux couleurs pâles, des ballerines/sandales aux talons très hauts. La vie est chère (20 à 30 % de plus qu’en France), le pouvoir d’achat d’une grande majorité de russes n’est pas élevé. Seul le prix de l’essence est avantageux : 70 centimes d’euro le litre de diesel à payer avant de se servir.

Le contact avec les russes est très différent de ce que nous connaissons. Certains russes ne font aucun effort pour nous comprendre. C’est surprenant. D’autres semblent désolés de ne pas pouvoir nous renseigner en Français ou en Anglais. L’Anglais nous sert assez peu.

Rien de mieux que le langage des signes. Sur la route, les russes sont dangereux : aucun respect de la sécurité routière. Nous croisons des Lada , des Uaz, des camions par dizaine, des Kamaz (photo kamaz), des voitures de luxe sans oublier les Hummer (photo hummer). Les routes sont rectilignes mais souvent en mauvais état. Beaucoup de policiers. Les zones traversées sont marécageuses, ce qui explique les profusions de moustiques . Nous avons également au passage visité Kazan avec sa Mosquée et ses cathédrales.

Les routes défoncées commencent à solliciter nos véhicules, les révisions du soir sont nécessaires, niveaux, nettoyages, petites réparations rythment les bivouacs.

HOPITAL DE PERM et premier objectif humanitaire.

Vendredi 14 juin, départ de chez nos amis Russes Olga et sa famille direction l’hôpital pour enfants tuberculeux car il est finalement impossible de se rendre à l’orphelinat comme initialement prévu.  Le directeur craint des représailles suite à des recommandations fortes de Moscou de ne pas laisser de Français se rendre dans certaines institutions, nous comprenons que cela a un rapport avec la loi votée récemment sur le mariage gay… Arrivés à l’hôpital avec seulement 2 véhicules, des gardiens nous accueillent comme le prévoit l’accès réglementé. Les bâtiments sont vétustes. Nous remarquons à l’entrée des équipements sportifs tout neufs donnés par un groupe pétrolier. Nous sortons les dons dans la cour, une femme en robe de chambre nous accueille suivie d’une infirmière en blouse blanche. Au bout de quelques minutes les enfants sortent dans la cour, ils rigolent car nous avons mis nos chapeaux « bagna » pour les amuser. Nous distribuons des maillots de foot et ballons aux plus grands enfants. Les regards amusés font plaisir à voir, ces enfants de 1 à 15 ans sont habillés en civil et  jouent dans le parc pendant que nous transportons les dons à l’intérieur de l’hôpital et réaliser une visite. Une responsable nous montre des chambres toutes petites avec 4 lits très rustiques, pas de chambre seule pour les enfants contagieux. Ce sont les parents qui apportent à manger aux enfants. La directrice nous remet une attestation de dons avec un mot extrêmement touchant qui exprime que notre venue leur donne du courage pour continuer.

Traversée de la Russie (suite)…

Deux jours plus tard, nous reprenons la route. Les kilomètres s’enchaînent, reste encore 7000 km à avaler en 2 semaines. Nous privilégions les parkings de camions gardés. Aux bivouacs c’est l’ invasion de moustiques. La voiture est poussiéreuse. Nous aussi. Sur la route, des Russes nous saluent gentiment. Nous avons des marques de sympathie. Nous sommes même photographiés.

Nous goûtons les spécialités Russes, c’est quelquefois “intéressant ” : soupe froide de pommes fermentées avec morceaux de saucisses, concombres, pommes de terre et aneth. Le borchtch (soupe chaude à la betterave) est excellent. Les raviolis à la viande sont acceptables, les beignets fourrés à la viande un peu gras. Nous devons payer le pain qui accompagne nos plats, quelquefois il est rassis. Cela fait partie du folklore. Nous tombons au choix  sur des serveuses peu aimables qui nous parlent Russes avec impatience ou d’autres plus charmantes qui rigolent avec nous. Aux Bivouacs nous cuisinons “Français ” avec notre réchaud. Nous continuons notre trajet. Les routes sont parfois très abîmées. Les stations services possèdent souvent des guichets sécurisés avec grilles ,ici les pleins d’essence se paient d’avance ! Le paysage est verdoyant, toujours marécageux avec des forêts de sapins et de bouleaux. . Nous avons traversé Jekaterinburg, Omsk, Novosibirsk (villes industrielles peu attrayantes). Nous sommes à Krasnojarsk. Premières pannes, comme ces soudures de réservoir auxiliaire cassées sur l’iveco 4×4 et  fuite en sortie de boite de transfert pour le Toyota.

Nous faisons une pause à Irkutsk , contrée où Michel Strogoff prit vie. Jules Verne nous a fait rêvé avec ce roman, nous le vivons aujourd’hui. Ville moderne envahie de panneaux publicitaires avec un marché de produits chinois côtoyant des magasins de luxe. Par ailleurs, de jolis bâtisses aux différents styles, de belles églises. Ville culturelle également : musées, théâtre, cinéma et même un cirque. 
Nous reprenons la route. Quelquefois, des vaches broutent sur les bords de la route transsibérienne. Une chèvre traverse sans se soucier du passage incessant des véhicules. Nous voyons malheureusement quelques chiens écrasés. Les Russes doublent à droite ou encore dans les virages sans visibilité. Il n’est pas rare de trouver un véhicule face à nous dans notre file. Il y a beaucoup d’accidents. Il faut être ultra vigilant !

Nous avons longé au sud, le lac Baïkal. La sérénité qui s’en dégage en fait un endroit unique. La route est très vallonnée, 8% à 10 % de montées ou de descentes sur 2 km plusieurs fois, les « montagnes Russes » en vrai !  
Un bref passage à Ulan Ude puis direction la douane. 2h30 le passage en douane Russe et Mongole où il faut un peu jouer des coudes pour ne pas se laisser déborder.

la Mongolie s’offre à nous…

Arrivée en Mongolie, la nature s’offre à nous . Nous ne reconnaissons pas le paysage, nous sommes dans le nord de la Mongolie. La terre est sablonneuse et pourtant l’herbe pousse. Quelques arbres s’élèvent dans ces dunes à perte de vue. Notre premier bivouac Mongol est agrémenté par de petits écureuils noirs qui se cachent dès qu’on les approche. Des chiens de prairie traversent la route. Au loin, nous apercevons les premières yourtes avec leurs troupeaux de chèvres. De jeunes cavaliers s’entraînent pour le Naadam (course de chevaux, lutte, tir à l’arcs). Des Yacks broutent au bord de la route. Nous nous dirigeons vers Oulan Baator et déjà nos yeux se brident.

A Oulan Bator, Les jeunes filles utilisent des parapluies en guise d’ombrelles. Il faut dire qu’il fait 35 degrés.
Ville du 4X4 par excellence, on les comprend, les routes sont défoncées. Nous n’avons jamais croisé autant de Hummer de notre vie. La capitale possède une allure très Soviétique, les bâtiments comportent parfois des colonnades, construits en carré autour d’une cour aménagée.
Après avoir visité la ville et ses musées, nous visitons la statue géante de Genghis Khan près de Nalaïkh. Il s’agit d’un monument argenté haut de 40 mètres. On ne peut pas le manquer.
Nous retrouvons d’autres menbres des VOYAGEUR DU COEUR avec qui nous prolongeons nos visas. 
Nous avons eu l’honneur de rencontrer le vice-ministre de la santé, qui sortait d’une réunion avec le premier ministre pour lui parler de nos actions envers les handicapés de Mongolie.

Nous avons visité le premier monastère bouddhique de Mongolie à Karakorum. À son apogée, 1000 moines vivaient entre ses murs.
Nous traversons des steppes aux vertes vallées, des forêts de pinèdes, nous longeons des chaînes montagneuses aux roches volcaniques.
Nous petit-déjeunons souvent en compagnie des chevaux, des yacks, des chèvres et des moutons.Les chiens de prairie décidément toujours aussi timide rentrent dans leur terrier dès que nous les approchons, pendant que des rapaces volent au dessus de nos têtes.
Les pistes sont de plus en plus difficiles avec des dévers, des ponts des roches sur les chemins, des bourbiers ce qui confirme la grande dureté des pistes Mongoles annoncées avant notre départ.

Nous avons aussi retrouvé nos amis motards Réunionnais du groupe Motoland. Ambiance chaleureuse assurée sous une pluie de grêle. Le temps change très vite en Mongolie.
Après un bain dans des sources chaudes, nous nous dirigeons vers Tsetselerg. Beaucoup de mouches mais pas de mouches TséTsé…

MOTOLAND

Cette association de motards Réunionnais a sollicité LES VOYAGEURS DU COEUR pour préparer une expédition en Mongolie pour 16 reporters habitués à se déplacer en moto dans les pays d’Asie. Leur but étant de rencontrer les populations locales mais aussi de réaliser la promotion de l’île de la réunion.

Pour se faire 7 motos financées par les participants eux mêmes ont été acquises par

Les Voyageurs du Coeur . Elles ont servi à véhiculer les participants à travers la steppe. Deux 4×4 UAZ avec cuisto et mécano complétaient le dispositif. Tout ce petit monde était guidé sur place par un guide local.

Une 150 cm3 Chinoise  deux temps neuve coûte ici 700€ .

Ultime action solidaire, ces motos seront offertes à des familles défavorisées à la fin du périple.

Les toits jaunes, verts, bleus, rouges des maisons des villages égayent les vertes vallées. Au loin, nous apercevons des dizaines de points blancs et noirs au flanc des montagnes, ce sont des troupeaux de chèvres et de moutons.
Après Tsetselerg, nous nous arrêtons près de la formation rocheuse de Taïkhar Chuluu. Une légende raconte qu’un grand Baatar aurait anéanti un énorme serpent avec cette gigantesque pierre.
La modernité fait son apparition dans les steppes, les troupeaux sont quelquefois rassemblés par des motards. Les antennes satellite et les panneaux solaires ornent les yourtes.
Nous reprenons les routes/pistes “Orangina, secouez-moi, secouez-moi” à cause des cailloux, des roches et autres ravines ravines…

Le linge étendu à l’arrière de la voiture, fait des soleils. Nous roulons à 20 -30 km/h. Nous avons appris à vivre avec la poussière, la boue et les inondations. Les Hommes et la mécanique souffrent.
Heureusement, la gentillesse des nomades, les paysages somptueux, la faune et la flore nous émerveillent. L’odeur du thym sauvage dans les prairies réveille nos sens perdus.
À Tosontsengel ; les maisons en bois, les allées poussiéreuses et les cavaliers donnent à cette ville un air de Far-west.
Uliastay est entourée de rivières, la vallée est luxuriante. On en profite pour faire nos lessives.
En nous dirigeant vers Altay, la piste devient sablonneuse. Nous croisons un troupeau de chameaux.Jolie rencontre, au détour d’un chemin.
En se dirigeant ver Biger, nous bivouaquons à 3000 mètres d’altitude, il fait très froid, la doudoune est obligatoire.

Le lendemain, nous traversons un canyon, il fait 40 degrés. Nous roulons dans le lit d’un torrent, le 4X4 est indispensable. Il faudra plus de 2 heures pour faire 6 kilomètres et rejoindre une piste. Aucun passage que du hors piste avec des ravines énormes, on nous l’avait dit il faut un vrai 4X4 et cela se confirme de jours en jours. 
Nous sommes dans le désert de Gobi, désert de cailloux, désert de sable.

À Bayan-Ondor, nous réalisons un autre objectif solidaire. Nous faisons dessiner les enfants du village et leur offrons des feutres, crayons de couleurs, ballons, survêtements. Ils nous ravissent en réalisant un spectacle de danse, c’est fantastique.

Un chanteur nous interprète un chant diphonique . Une jeune fille réalise des acrobaties. C’est fabuleux. Moment magique parmi les villageois. 
Nous traversons Gurvantes.

Nous reprenons la piste après avoir planté le drapeau d’un de nos partenaires dans une dune de sable pour la photo souvenir. Petit clin d’œil pour les remercier de leur grand soutien.
Nous arrivons à Dalanzadag capitale du Gobi. Trois jours à réparer les véhicules et panser les plaies du Gobi.

La traversée a été particulièrement difficile avec un des véhicules qui s’arrêtait tous les 20 kilomètres (problème de pompe d’injection). On déplorera aussi un problème de chauffe moteur, un radiateur percé en plein milieu du désert (réparation avec soudure à froid et produit stop fuite) et des  silents blocs d’ amortisseurs fondus du à la tôle ondulée…

Le périple continue, nous remontons vers la capitale. En chemin, nous assistons à plusieurs autres Naadam. 
Les courses de chevaux s’étendent sur 24 km, les cavaliers (des enfants) arrivent épuisés, les chevaux, en sueur. Il faut du courage pour finir la course. Deux chevaux traversent la ligne d’arrivée, seuls. Certains enfants montent à cru, en guise de bottes portent des chaussettes, sans bombe sur la tête. Heureusement les chutes sont peu fréquentes. La course est encadrée par des 4X4. Les enfants sont quelquefois très jeunes.

À croire qu’ils ont appris à faire du cheval avant de marcher.
Les archers visent des cibles à terre. Lorsqu’elles sont atteintes, les ramasseurs de flèches entament un chant en levant les bras.
Les combats de lutteurs sont quelquefois inéquitables, les poids légers peuvent rivaliser avec des poids lourds. Ils sont beaux ces athlètes vêtus d’une culotte découpée sur les cuisses, d’un boléro bleu ou rouge, de solides bottes de cuir à bout relevé et d’une calotte à pans rabattables en velours. 
Nous prenons des pistes pour rejoindre Bulgan dans le nord. Il pleut et les pistes sont détrempées. Nous dépannons 2 véhicules avec notre treuil.

Jamais 2 sans 3, en descendant une piste de montagne, nous glissons sur la glaise plongeant une roue dans une ravine. Nous n’avions pas encore testé les pistes “patinoire” maintenant, c’est fait. Grosse frayeur car même à l’arrêt le véhicule continuait de glisser vers une piste abrupte, blocages et 1ere courte nous tentons de redresser doucement sans freiner mais la pente a eu raison du véhicule qui s’est couché sur le côté… Après quelques heures et de l’huile de coude nous réussissons à le mettre en travers et lui permettre de franchir à coups de pelle et plaques les fossés permettant de rejoindre les champs. (photo 12 et 12.1)
Nous finissons notre séjour Mongol en visitant le monastère d’Amarbayasgalant avec ses temples bouddhiques. (photo 12.2)
2 heures à la douane de Kyakhta, nous revoilà en Russie. 
Ulan-Ude, Irkutsk, nous sommes sur le chemin de retour.

On longe de nouveau le lac baikal quand soudain bling, blang, bong la boite de vitesse joue de la batterie, le levier de vitesse se bloque mais nous offre une chance de continuer en acceptant la 3éme vitesse en guise de salut. Nous arrivons péniblement jusqu’au garage Toyota d’Irkoustk qui après une réflexion de la part des dirigeants acceptent finalement que l’on entre dans cet immense salle gorgée de ponts aux rutilantes berlines et 4X4 perchées comme pour affirmer la suprématie de la marque en Russie. Démontage des deux boites de vitesse de notre 4X4 meurtri. Le verdict est sans appel ; pas possible de réparer il faudra rapatrier la voiture à Paris ! Comment faire, nous sommes à 10000 kms de Paris… Après moultes négociations qui auront duré 5 jours, Mondial Assistance accepte de nous rapatrier en France dans le garage de notre choix. Nous restons 10 jours à Irkoutsk pour réussir le challenge de faire partir la voiture sans nous… La panne est une rencontre, nous avons cette chance de rencontrer Ivan parlant bien le Français qui va nous faciliter les démarches avec les douanes, nous mettre en relation avec Olga la traductrice qui nous facilitera les échanges avec les notaires chargés d’acter nos démarches administratives. 3 semaines plus tard la voiture arrive enfin à bon port à Lyon au garage Couteau qui se chargera de la réparation.

La Mongolie, un pays à parcourir avec un vrai 4X4 sur la partie sud l’Altai et le Gobi. Nous avons subi des journées entières des pistes en devers, de la tôle ondulée, des pistes avec des ravines énormes, des cuvettes où l’arrière touchait à chaque passage, des rivières à franchir, des culs de sacs en montagne au bout de 50 kms d’exploration…

Un pays, un peuple à découvrir avant que la mondialisation transforme les fils du vent nomades des grandes steppes en sédentaires entassés dans les grandes villes…

LA PANNE

« Pourquoi êtes vous allez si loin ? »

17000 kms depuis Paris avant que la boîte de vitesse et la boîte de transfert ne rendent l’âme… Des fuites étaient apparues sur l’une des boîtes nécessitant un changement de joint de sortie de boîte à Oulan Bator. Notre boucle de plus de 5000 kms en Mongolie avec un contrôle des niveaux régulier s’est pourtant bien passé mais lors de la remontée des pistes vers le Nord les gros problèmes ont débuté nécessitant une vigilance plus assidue chaque soir… Après la frontière Mongole nous n’avons pas réussi à dépasser Irkoutsk en Russie et avons échoué dans le garage Toyota de la ville. 5 jours de négociation avec Mondial Assistance qui ne voulait par rapatrier la voiture prétextant que nous étions trop loin et que la valeur résiduelle (argus) était égale à Zéro euros.  Pourtant notre assureur nous couvrait pour la Russie sur la base d’un montant de valeur réelle de véhicule proche des 30000 euros. Dés le premier appel un opérateur nous lance « Mais pourquoi êtes vous allez si loin ? » alors que notre carte verte couvre la Russie, votre véhicule est trop vieux vous devez l’abandonné sur place on vous envoie le formulaire pour cela… grrr !!! Un véhicule préparé pendant 2 ans avec un maximum d’aménagement et de modifications pour garantir une autonomie de distance de 1500 km, un couchage de qualité, des réserves d’eau et de gasoil intégrés. Nous appelions régulièrement l’assistance mais notre dossier traînait, c’est si facile à 10000 kms de là de ne pas tenir ses engagements vis à vis de clients confiants du contrat passé… Après 5 jours d’angoisse et de bagarres au téléphone, mails, sms et seulement grâce à l’intervention d’un ami journaliste très doué Mondial Assistance finira par ccepté de rapatrier le véhicule.

Nous avons passé de longues journées avec un Russe parlant le Français Ivan et une traductrice  Olga  pour réussir cet exploit de permettre à la voiture de sortir de Russie sans son chauffeur. Chaque jour nous allions au garage Toyota qui nous aidait dans nos démarches, j’ai rarement vu une telle qualité de service, personnels disponibles toujours prêts à nous aider… Il était impossible de trouver des boîtes en échange standard pour ce genre de véhicule à Irkoutsk, la voiture devait rentrer seule sur un camion en France.

Chaque jour nous devions aller dans des bureaux de douane différents, obtenir des rendez vous chez des notaires pour certifier tous les documents, réaliser des dérogations et délégations de transport directement avec le chauffeur qui passerait la frontière avec notre véhicule. Les douanes russes ne reconnaissent pas l’accord entre la société Mondial Assistance, les transporteurs russes, l’agence locale, le garage Toyota. Près de 20 jours à vivre dans Irkoutsk et côtoyer la population et apprécier ce peuple au fil des échanges quotidiens, une découverte de jeunes russes, de deux êtres dévoués à trouver une solution pour nous aider dans nos démarches. Sans eux Mondial Assistance n’aurait jamais réussi à réaliser les papiers administratifs nécessaires pour garantir une sortie de la Russie pour notre véhicule.

Nous sommes finalement rentrés en avion et le Toyota  est arrivé mi septembre à Saint Etienne au garage Couteau  qui en grand professionnel a remis rapidement en état le Toyota pour qu’il puisse repartir vers de nouvelles aventures.

La Russie un pays où nous retournerons un jour peut être pour finir ce voyage inachevé…

Solidarité et entraide pour une famille du Doubs…

Que dire de plus pour finir l’année 2013 que d’exprimer l’entraide, la solidarité, l’échange et ne pas écouter tous ceux qui se réfugient dans la suspicion des intentions ou les critiques des actes au lieu de s’ouvrir à l’autre parfois… Une fois de plus merci pour cet élan de générosité…

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Une famille qui a tout perdu le soir de Noël a pu bénéficier d’un grand élan de générosité de la part de réseaux sociaux capables de se mobiliser pour redonner l’énergie de reconstruire…

Article dans presse locale…

 

Mission de la famille suisse de Gildo en 2011 pour les Enfants d’Aicha…

 

C’est avec une grande impatience que nous avons fait le trajet jusqu’à Tagannt depuis le regroupement des véhicules à Tiznit…

Arrivés sur place, devant notre porte en métal, Aicha ne nous entend pas tambouriner sur sa porte..peut-être n’est elle pas là…

Un thé à la menthe au café du coin nous réchauffera car, malgré la réputation météorologique du pays, les trois équipages composés de Madée et Rens, de Philippe et de Lydie, de Gildo , Alexandra et les loulous Arnaud et Solange, avont froid…Il fait un vent !!

Quelques minutes plus tard, une horde d’enfants traverse la route, sur leur dos, des sacs d’école « bien Européen »…nous nous levons et tentons une première approche…les enfants se pressent à tambouriner à cette porte, ils ont pour certains un peu peur de nous, pour d’autres, mille questions dans leur regards…

Un enfant ouvre cette porte et s’engouffre alors, cette nuée de petites têtes…Nous suivons même si nous ne sommes pas chez nous, bien trop froid pour rester dehors…

Premier constat en montant l’escalier, il fait froid dans cette grande maison au pièces hautes. Un vrai courant d’air, un tourbillon d’odeurs charriées par ces vents traversants la bâtisse.

Aicha nous accueil en haut, adorable, gentille et souriante…puis, l’heure du thé arrive…premier échange avec les enfants..les moins timides nous approchent, des téméraires s’osent même à venir s’asseoir auprès de nous.

Le thé avalé, Aicha nous fait découvrir la maison…même constat…peu de meubles (une table basse ci et là, un grand tapis, des matelas à même le sol, des lits de bébés), pas de jouets, une télévision  posée sur un meuble vacillant…et toujours ces courants d’air !

Sur la terrasse, une cuisine, portes ouvertes et à côté, une salle à manger , deux tables basses et une vingtaine de mini chaises en plastique…pas de chaise pour les adultes, à croire qu’Aicha ne vit que debout…

Pendant qu’Arnaud et Solange partageaient le repas avec cette vingtaine de nouveaux copains, nous entreprenons de vider les trois véhicules. Sous le regards des badauds, des commerçants et autres restaurateurs, nous déversons des centaines de kilos de jouets, d’habits, de matériel scolaire, de produits d’hygiène…Un grand salon est transformé en salle de jeux…des jouets à perte de vue, des cadeaux de nos donateurs…les enfants jouent…

Puis heureux de la tâche accomplie, on se dit que l’on pourrait pousser le bouchon plus loin…Il y a tous ces carreaux manquants, cassés, ces fenêtres qui ne ferment plus…Après tout, ce n’est pas parce que nous sommes au portes du Sahara et qu’il est censé faire chaud que nous devons laisser ces enfants la morve aux narine…Alors, passage à l’action «réfection des carreaux », trouvé un fournisseur d’échelle, démontage des fenêtres, négociation avec les commerçants (des jeans contre des vitres) , du bois pour couvrir certaines ouvertures de façade, du plastique dur mais transparent permettant de boucher les puits de lumière ( qui laissent aussi passer l’eau ! ), de la visserie, des poignées…En moins de trois heures, tous le matériel nécessaire est trouvé ( des commerçants sont même partis dans la ville voisine pour nous trouver des vitres ) et , la maison amputée de ses courants d’air !

Un membre à même trouver une nouvelle vocation d’opticien en trouvant de quoi réparer et en rafistolant une paire de lunette que la petite Yasmina ne pouvait plus utiliser depuis des semaines…Une magnifique réparation de fortune, merci Philippe.

Nous voilà remplis de fatigue et de satisfaction d’avoir fait quelque chose de bien…

Pendant qu’Aicha nous invite au repas du soir et qu’elle le prépare, les femmes du groupe préparent le riz des enfants ( 6 kg pour un seul repas ! ) , nourrissent les enfants de ce seul repas sans accompagnement sauf un filet d’huile d’olive et regardent Aicha préparer le pain du lendemain. Les hommes eux, partent échanger des kilos et des kilos d’habits contre de la nourriture auprès des épiciers du village..Même si ce troc est en notre défaveur, cela nourrira les petits..Voilà plus d’une semaine qu’ils n’on pas eût un verre de lait !

Après toutes ces émotions, nous reprenons la route pour nous trouver un coin ou dormir, et le lendemain, nous nous posons pleins de questions…ou sont les meubles ?que fait Aicha de tous ces habits ?quelles aides reçoit elle de l’Etat ? Où va l’argent ? Comment peut elle vivre sans recevoir d’argent ? Seul conclusion à nos multiples questions…peu importe ces questions, elle élève à elle seule 22 enfants abandonnés ! 22 bouches à nourrir, 22 bains à donner, 22 éducations à transmettre, 22 enfants avides de valeurs, de connaissance, de vie…Nous ne devons pas juger, juste admirer…et peu importe si les jeux ne seront plus là, elle se débrouillera pour nourrir les enfants, non pour d’autres activités et c’est bien ça le plus important !!

Après une razzia au marché de Guelmim, nous remontons à Tagannt livrer les vivres et faire encore quelque trocs…même les compact disques des autos sont échangés contre des yaourts.

Nous ne verrons pas tous les enfants car, il y a école en ce samedi….et il est probable que cela nous arrange bien…repartir sera sûrement plus facile sans les regards…c’est ainsi…

Nous voilà repartis maintenant pour Igmir …il y a encore quelques kilos de matériel scolaire à livrer….demain matin…..

Puis,  la partie touristique commence réellement mais ça, chacun le garde pour soi…peut-être par pudeur…car, notre société n’aime pas comparer leur misère et nos privilèges….

Mission au Maroc chez les enfants d’Aïcha…

 

Brillants tels des pierres du désert, effarouchés, 22 regards nous dévisagent à notre arrivée à Tagant, village marocain à 170 km au sud d’Agadir…

Mission particulière de VDC (Voyageurs du Cœur ), Christiane, Sylviane, Hervé et moi souhaitons aider Aïcha qui recueille des enfants orphelins. Dans un premier temps, Hervé retrouve Etienne et Souad pour se diriger vers un autre objectif à Talouine.  Nous avons été conduites de l’aéroport au village par Abdslame,  un ami d’Aïcha. En cours de route, un arrêt café-jus d’orange frais fut un vrai bonheur, ultime pause avant la semaine dense qui s’annonçait. Semaine d’activités qui démarre le jour même, après l’accueil chaleureux d’Aïcha autour d’un tajine de poulet et thé à la menthe. Car la timidité des enfants s’est envolée comme vent de sable…

Au bord d’une route nationale très passagère, jouxtant un café et un garage où sont réparés les pneus de camions une grande partie de la nuit, la maison d’Aïcha s’étage sur trois niveaux ; une grande terrasse la complète.

22 paires d’yeux, 22 énergies débordantes, 22 demandes d’attention, de soins, de jeux…22 désirs d’amour…pas assez de bras ni de jambes pour les satisfaire tous, et pourtant… nous sommes là pour cela, alors nous faisons connaissance, au-delà de la barrière de la langue, les enfants parlant l’arabe. Dix enfants sont à l’école au moment de notre arrivée. Nous en rencontrons tout de suite douze, dont deux bébés : Badre, 6 mois, et Nisrine, 10 mois. Par ordre croissant, vient ensuite Yasmina, 20 mois, puis les âges s’échelonnent entre 2 ans et 7 ans.

Nous enchaînons en allant avec Aïcha chercher les enfants scolarisés : les instituteurs nous expriment combien ils trouvent Aïcha courageuse.

Premier soir, première participation à un repas commun… dans une ambiance très bruyante : deux tables basses de dix enfants assis sur des chaises en plastique en mauvais état, les bébés au biberon par ailleurs. Devant les enfants, des assiettes en porcelaine, sauf pour quatre d’entre eux. L’un pleure. Aïcha nous informe qu’ayant cassé leur assiette, elle les sert dans un grand plat. Est-ce un effet d’optique, mais nous avons l’impression qu’ils sont rationnés par rapport aux autres enfants. Le repas solide est suivi d’un verre d’eau et du lavage des mains.

Avant l’installation pour la nuit, l’une des grandes filles, du haut de ses seuls 7 ans, change les couches des plus petits…ce geste, oublié chez nous par des enfants si jeunes, nous impressionne. Passage aux toilettes, coucher…deux dortoirs de six petits lits et deux chambres avec des matelas par terre accueillent les  enfants pour la nuit. Certains dorment dans des lits à barreaux trop petits en mauvais état. Aïcha, qui dort avec les plus petits sur des matelas au sol, nous offre la chambre des grandes filles avec gentillesse, expliquant que de toute façon, les filles la rejoignent  toutes les nuits.  Nous sommes gênées, nous dormirons les jours suivants dans le salon  –  surchauffé –  pour laisser leur chambre aux grandes filles qui la quitteront comme Aïcha nous l’avait annoncé.

Où est passé le silence du désert ?… les voyageurs s’arrêtent au café, freins crissent, moteurs rugissent, les camions passent sur la route, stoppent au garage, freins crissent, moteurs rugissent, les pneus se font réparer à grands coups de marteau… tout cela inspire grandement le chiot recueilli pour l’un des enfants : il aboie sans discontinuer…

MARDI 28 SEPTEMBRE

Il est cinq heures, Tagant s’éveille… Nous nous levons fourbues de cette nuit bruyante et aboyeuse. Les enfants prennent le petit déjeuner à 7 heures : lait à l’eau ou eau au lait, un enfant repousse le verre, il n’aime pas. Aïcha réagit en rajoutant une cuillère de lait concentré dans chaque verre. Du pain, du beurre, de la confiture, les enfants se précipitent, nous n’avons pas assez de mains.

Aïcha a embauché la veille de notre arrivée une femme âgée qui fait le ménage.

Christiane et moi accompagnons les dix plus grands qui vont à l’école pour 8 heures. A notre retour, nous prenons un en-cas avec quelques enfants autour de nous. Nous nous apercevons rapidement que deux enfants (un garçon de 3 ans et une fillette d’un an et demi) sont privilégiés, ils peuvent manger à toute heure, sont bien habillés : parmi 22 enfants à s’occuper, peut-être est-il compréhensible d’avoir des préférences ?…  la situation, en même temps extrême et délicate, n’est pas à l’heure du jugement.

Sylviane, Christiane et moi nous nous occupons des plus petits : aucun équipement de puériculture, peu de jouets, seulement quelques peluches rangées dans un coin que les enfants ne prennent pas. Nous proposons des activités : dessin par Christiane, beaucoup d’enfants ne savent pas tenir un crayon. Chants et mimes par Sylviane et moi : chants en français, des enfants sur les genoux. Certains reproduisent nos mimes, cela nous encourage ! Interlude de la matinée : une amie d’Aïcha accompagné de son fils, nous rendent visite : thé à la menthe et gâteaux secs, hospitalité marocaine oblige ! Midi et demie, il est temps d’aller chercher les enfants à l’école. Au menu du repas : lentilles avec du pain, les enfants ont faim, ils en redemandent.

L’après-midi, nous partons à Guelmin en taxi collectif pour faire les courses. Aïcha nous explique que d’habitude, elle part avec deux grands (7 ans !) acheter les provisions une fois par semaine. Aujourd’hui, les enfants sont avec la femme âgée et l’amie venue avec son fils. Premier arrêt surprise dans un bureau officiel (Al Omrane) qui a trait à l’habitat et l’environnement prendre un dossier de candidature pour la construction d’une maison sous forme d’un projet associatif. Si le dossier est accepté, le projet sera subventionné à 50%. Aïcha semble avoir deux partenaires, il lui reste un troisième à trouver. Je lui explique que VDC est incapable de subventionner un tel projet.

Restauration rapide et tardive sous forme de sandwiches avant d’effectuer les courses : fruits, légumes, poulets, savons, pharmacie. J’en profite pour acheter le nécessaire pour soigner Darwiche qui a un furoncle au niveau du poitrail. Aïcha rencontre beaucoup de personnes qu’elle connaît à travers la ville.

Retour à la nuit, coucher des enfants… notre dîner n’est possible que vers 23 heures…

MERCREDI 29 SEPTEMBRE

Bruyance quotidienne du petit déjeuner que les  enfants prennent copieux… Pain, beurre, confiture sont plébiscités. La salle dépourvue de meuble n’aide pas au calme, elle fait caisse de résonance.

Nous accompagnons les enfants à l’école, soulageant ainsi Aïcha qui semble épuisée. Sur le chemin du retour, nous rencontrons le directeur de l’école, il vient avec nous chez Aïcha pour lui demander les dossiers de 6 enfants qu’elle n’avait pas eu le temps de remplir. Thé à la menthe et discussion : les classes comportent 20 élèves, les instituteurs ont un niveau licence, il n’y pas de classe maternelle à Tagant. Le directeur aimerait bien créer une classe pour les plus petits mais le budget ne le permet pas pour l’instant. Pendant ce temps, les enfants courent, s’agitent, demandent à être pris dans les bras. Les plus grands (7 ans !) s’occupent des plus petits.

En allant chercher les enfants à l’école à 12h30, Christiane et moi sommes arrêtées par un monsieur sortant de la mairie : il nous demande nos passeports : surprises, nous lui répondons que nous ne les avons pas sur nous, que la priorité est de s’occuper des enfants et de leur repas. Aïcha intervient auprès du caïd. Obligation de présenter nos passeports, de donner le site de VDC « pour notre sécurité » nous dira-t-on, avec un thé à la menthe et une voiture qui vient nous chercher alors que la commune est à 80 mètres…

Repas : frites pour les enfants.

Première tentative de photographier les enfants, atelier dessin après distribution de cahiers, difficulté des enfants à utiliser feutres et crayons : ils demandent plutôt que l’adulte dessine. Ils commencent à crayonner, remplir des formes, quelques uns essaient de reproduire des lettres arabes. La barrière de la langue se fait sentir. Aïcha nous dira que certains sont allés en préscolaire. La sieste pour les enfants est du temps donné aux adultes pour  se restaurer et souffler un peu. Nous nous inquiétons des conditions de sécurité en rapport avec l’escalier, les petits risquent de tomber : nous avions juste oublié que nous étions au Maroc : ici, pas de souci, les enfants sont habitués…

L’après-midi sera animé, comme chaque jour, de chamailleries, pleurs et rires…

JEUDI 30 SEPTEMBRE

Lors du petit déjeuner, les enfants semblent plus calmes, ils mangent plus lentement, se précipitent moins sur la nourriture, des petits morceaux de pain restent sur la table : les estomacs se remplissent, trouvent leur satiété.

Trois enfants sont accompagnés pour 8h00 à l’école, les autres pour 13h30, les instituteurs n’ayant pu proposer la classe au même moment comme ils essaient de la faire d’habitude quand c’est possible.
A la maison, les enfants se disputent, partagent les livres.

Dans la matinée, je m’isole avec Aïcha pour connaître la date de naissance des enfants, ce qui n’est pas possible pour tous, bien qu’Aïcha ait conservé quelques carnets de santé et documents.

L’après-midi, Aïcha et Sylviane se rendent au souk de Bouzakame acheter de la nourriture. Sylviane achète aussi un tournevis, deux petits miroirs, et, luxe suprême, trois tabourets à notre taille : elle craque d’être toujours assise par terre ! De notre côté, nous jouons avec les enfants sur la terrasse avec des jeux apportés de France, nous en douchons dix, faisons une lessive avec une machine peu efficace.
Le retour d’Aïcha et Sylviane est tardif, la faim des enfants réclame la préparation immédiate du repas.

La femme de ménage est renvoyée le soir, après avoir été payée en nourriture, remplacée par une jeune femme, Ayet, qui connait bien Aïcha.

Dans la soirée arrivent Hervé, Etienne et Souad : nous choisissons de diner tous ensemble à l’extérieur, dans la station service, pour se détendre et faire le point sur la situation. Hervé suggère à Sylviane et Christiane d’aller se reposer le lendemain à Guelmin en accompagnant Etienne et Souad. Alors qu’il comptait repartir lui aussi avec eux, il reste avec moi. Merci, Hervé.

VENDREDI 1er OCTOBRE

Matin sans école, petit déjeuner tardif. Hervé et moi jouons avec les enfants.

Sylviane et Christiane partent donc avec Etienne et Souad chez une amie de celle-ci, Zarha : l’accueil est chaleureux et le repas, somptueux. Ils en profitent pour acheter avec son aide, des nécessités pour les enfants dans le souk. Sylviane et Christiane reviennent en fin d’après-midi.

Le repas du soir des enfants est préparé à la hâte, au menu : pâtes. Tension, fatigue, énervement, émotion : les journées sont difficiles.
Sylviane préfère se coucher sans manger, elle est épuisée. Nous dînons très tardivement à l’extérieur.

A quatre heures du matin, je suis réveillée par des enfants qui s’agitent dans le couloir. L’un a uriné dans son lit, deux autres ont la diarrhée. {{{Les nuits sont très courtes}}}, je m’en occupe jusqu’à cinq heures du matin. A ce moment-là, Sylviane se réveille, nous en profitons pour discuter, les journées intenses ne nous  laissant guère la possibilité de nous reposer. Face à la situation, je propose à Sylviane et Christiane de partir se détendre à Agadir. Les conditions sont difficiles : chaleur, bruits, sommeil entrecoupé, agitation des enfants, barrière de la langue…

SAMEDI 2 OCTOBRE

Nous prenons notre petit déjeuner à l’extérieur.

Nous organisons la distribution de dix trousses complètes pour les plus grands et de nounours, poupées pour les plus petits, avant le départ de Christiane et Sylviane escortées d’Hervé : Abdslame les accompagnera à Bouzakame (10 km) d’où partent les taxis collectifs (7 personnes dans une voiture) pour Agadir. Avant ce départ, Abdslame propose une visite en voiture de Tagant, village constitué aussi bien de nouvelles constructions en cours que de maisons en terre écroulées.

Pas d’école ce matin, Aïcha, Ayet et moi dansons avec les enfants. Aïcha m’offre un caftan tout en dansant : c’est la fête !

Aïcha me donne enfin le reçu que je lui demandais pour un versement envoyé il y a quelque temps.

Au retour d’Hervé, nous partons chez Abdslame où nous sommes invités pour le repas de midi. S’y trouvent aussi des membres de la famille et un jeune imam. Je vis l’expérience d’être la seule femme de l’assemblée. Nous nous régalons d’un couscous aux figues vertes, de gâteaux et de fruits.

L’après-midi, nous rencontrons chez Aïcha, l’adjoint du responsable de la commune pour essayer de trouver ensemble des solutions pour aider Aïcha. Cela semble difficile, il y a beaucoup d’aides à donner, car 10% de la population est très pauvre, et par ailleurs, la commune a déjà donné un terrain à Aïcha pour la construction d’une maison, c’est déjà beaucoup.  Nous obtenons pour elle l’accord d’utiliser la voiture de la commune de temps en temps  pour la dépanner. Hervé de son côté demande des informations pour faire entrer un véhicule sans payer de taxes douanières. Dossier à suivre.

DIMANCHE 3 OCTOBRE

Ayant fait le point autour d’un café, Hervé et moi décidons de nous rendre à Guelmin pour des achats. Nous y rencontrons également une Française installée au Maroc qui a aidé Aïcha en 2009, a épongé toutes ses dettes, et a été déçue. Elle est en phase d’adoption d’un orphelin qu’Aïcha avait recueilli. La situation se complique, il est difficile de faire la part des choses.

Nous nous rendons à l’orphelinat de Guelmin pour connaître la situation des orphelins. Nous trouvons le bâtiment, spacieux et en travaux, porte grande ouverte. Nous découvrons une grande cour intérieure, un terrain de jeux, des dortoirs.  Nous demandons à voir le directeur, mais il est absent. Nous rencontrons quatre jeunes garçons de 13-14 ans, ils ne parlent pas français, trois plus petits font la sieste dans un des dortoirs. Nous n’arrivons pas à connaître le nombre exact d’orphelins (60 avec le personnel, ou 20 …). Un établissement sans surveillance, des toilettes sales, je suis un peu déçue.

Au souk, Hervé compare tous les prix, on croirait un inspecteur avec son dossier sous le bras ! Nous faisons le plein de nourriture, des denrées non périssables, dans un supermarché qui nous accorde des prix intéressants : 25 kg de semoule de couscous, 25 kg de pâtes, 25 kg de riz, 25 kg de lentilles, du lait en poudre, des couches pour les bébés, de la confiture…

Nous rentrons en taxi collectif dans la soirée. Le repas est prêt, la maison a été nettoyée de fond en comble par Ayet. Nous jouons avec les enfants, et c’est l’heure du coucher.

C’est le dernier soir à Tagant, Hervé a apporté de la bière, qui produit son effet : une bonne partie de rigolade pour lui et moi.

LUNDI 4 OCTOBRE

C’est le jour du départ : pour que celui-ci soit moins douloureux, nous distribuons les jouets qu’il nous reste. Les enfants n’ont pas école ce matin, cela tombe bien. Je vérifie la guérison du furoncle de Darwiche : c’est un succès, il n’a pas eu besoin de passer par l’hôpital. Je soigne encore quelques bobos. Je fais quelques photos. Nous nous amusons bien avec les enfants, nous avons du mal à partir.

J’insiste auprès d’Aïcha pour qu’elle nous envoie le bilan d’activité et le statut de son association. Je lui conseille de ne pas trop gâter Moustapha et Yasmina, elle acquiesce évidemment, que pourrait-elle faire d’autre ?

Abdslame, toujours aussi serviable,  nous accompagne à Bouzakame  attraper un taxi collectif pour Agadir  – 170 km sous un soleil de plomb  –  où nous retrouvons  Christiane et Sylviane, épanouies,  ainsi que Jacques, James et Françoise qui viennent prendre le relais auprès d’Aïcha. Nous leur présentons la situation.

MARDI 5 OCTOBRE

Nous passons tous ensemble la journée à Agadir.

Je demande à Jacques de rencontrer le trésorier de l’association d’Aïcha, ou de se rendre à la banque avec elle pour connaître la situation financière. Je lui confie aussi la mission d’emmener les enfants qui en ont besoin, chez un  médecin, et surtout la petite Yasmina chez un ophtalmologue car nous avons repéré un problème oculaire.

Nous visitons le souk et nous rendons au supermarché « Marjane ». Nous décidons d’acheter pour tous les enfants des sous-vêtements, des chaussettes et des chaussures, que Jacques, James et Françoise emmèneront. Sur le parking, atelier arrachage d’étiquettes des vêtements pour soulager Aïcha de ce travail.

Nous dînons dans un restaurant au bord de la mer, c’est le dernier soir au Maroc pour certains d’entre nous, pour cette année…

Nous reprenons l’avion demain, 22 regards émerveillés au cœur…

Texte de Véronique Rieu (relu par Isabelle Robin)

Un grand merci aux parrains et marraines qui ont permis de réaliser cette action au Maroc et qui sont issus des familles: AISSA, BEZOU, LACHOT, LE PUILS, MAYEUX, NECTOUX, RAVARY, RENAUDIN, RIEU, TICHIT, ZADEH.

Un grand merci aussi à A. TOUZANI pour son aide précieuse au Maroc.

Un grand merci à J. NECTOUX pour son dévouement sans faille.

Roumanie 2005

L’ association « Voyageurs du Cœur » comporte la mission principale d’organiser des convois de véhicules pour transporter des dons divers (produits, matériels,…) récoltés dans les écoles, les entreprises, chez les particuliers et les acheminer dans les pays d’Europe aux régions éloignées et défavorisées.

Notre premier convoi, composé de 7 véhicules 4X4, a sillonné pendant le mois d’ août 2005 les montagnes du Nord de la Roumanie (Maramures, Bucovina, Transilvania et Moldova) pour distribuer dans les villages aux enfants les dons que vous nous aurez confiés.

Ce convoi comprend des familles (une vingtaine de personnes) n’appartenant pas forcément à cette association mais animées par le même élan bénévole et venant d’endroits géographiques différents (Luxembourg, Grenoble, Nice, Paris, Bourgogne..).

Les objectifs fixés ont été atteints et nous avons pu venir en aide à un centre ambulancier situé à RADAUTI, une institution et une école située près de PIATRA NEAMT à TUPILATI où les enfants avaient été convié à une kermesse pour la remise des dons.

Merci à toutes et tous pour votre soutien à notre action.

L’argent récolté auprès des sociétés et les chèques de particuliers a servi uniquement à acheter du matériel spécifique comme des trousses à pharmacie, des boissons et ballons pour la kermesse de l’école et a financer les travaux de réfection de l’école.

Ecole de Tupilati, Madalina explique aux enfants notre présence parmi eux.
N’hésitez pas à nous contacter pour des renseignements complémentaires. Merci d’avance pour votre générosité et merci à celles et ceux qui nous ont déjà témoigné leur attachement à nos projets.

De l’info pendant le voyage en Roumanie – Raid du Cœur 2005
1er Août 2005 au 31 Août 2005 : destination Roumanie
7 véhicules, 2 remorques Tout Terrain , 24 personnes.
Dimanche 31 juillet 2005

Rendez vous à Grenoble au camping de Vizille pour 5 véhicules du groupe, départ le 1 aout direction l’Italie…

03/08/05 : (tel)
Les voyageurs du cœur sont passés par l’Italie, la Slovénie. Ils sont à la frontière Hongroise et vont dormir dans les bois. Beaucoup de fatigue, mais tout va bien.

06/08/05 : (tel)
Depuis hier, ils sont en Roumanie. Ils ont fait un premier bivouac dans un champ. Ils ont empruntés les petites routes et commencent à distribuer les dons aux enfants. Actuellement, ils se trouvent dans une ville «moyenne» et cherchent de quoi manger . Les mots venant à l’esprit sont «surprenant, dépaysant, très pauvre». Anecdote : Ils ont mis leur poubelle dehors, et une dame est venue les prendre pour les amener chez elle.

11/08/05 : (tel)
Ils se trouvent à Radauti. Quelques petits problèmes mécanique, mais rien de grave ! Ils ont trouvé une petite auberge où l’accueil fut très chaleureux, et où ils ont pu bien manger pour pas trop cher. Demain, ils apporteront leur aide à un centre ambulancier pour leur l’équipement . Ensuite, direction l’école de Tupilati.

15/08/05 : (tel)
Pour le centre ambulancier de Radauti, ils se sont rendus dans une pharmacie, où ils ont acheté pour 128€ de médicaments. L’équivalent de 5 gros sacs. La directrice du centre a beaucoup apprécié ce geste. Le convoi s’est séparé. Nos voyageurs du cœur sont à 2 voitures en ce moment, et tout le monde se retrouvera le 17 août au soir à Piatra Neamt chez Madalina. Ils logeront alors dans de grands bungalows. Le lendemain des retrouvailles : kermesse et distribution pour les enfants.

16/08/05 : (mail)
«on est a Gura Humorolui chez Leonard et Elena qui accueillent les voyageurs pour 2 jours. Nous avons donné des dons pour les enfants pauvres du village. Ces derniers jours beaucoup de bivouac parmi les loups et les ours dans les montagnes superbes. Du 4×4 dans des chemins difficiles pour rejoindre les villages, des crevaisons, un véhicule enliser , merci le treuil . Demaim rdv à 6 voitures à Piatra Neamt. Ce pays est merveilleux et les gens chaleureux ; au retour les journalistes de RTL vont nous interviewer dixit un ami. J’ai recruté des jeunes couples pour les prochains voyages. Nous pensons avec l’argent que nous avons refaire le parquet et les murs de l’école mais nous allons aussi essayer d’acheter 40 paires de bottes pour les enfants (une paire coute 15 lei au prix fort soit moins de 4 euros) l’essence est chère pour ce pays 0.86 euros le litre, par contre on a réussi a manger pour 3 euros la rentrée va être dure car les gens sont chaleureux et hospitaliers , on te prête un champ sans Pb»

22/08/05 : (tel)
Objectif atteint ! 6 voitures se sont retrouvées à Tupilati et ont distribuer le contenu de 3 énormes malles : dons pour les enfants et pour les adultes. Le soir, ils ont pu dormir dans un hôtel, car l’ auberge où ils auraient du aller n’avait plus d’électricité à cause d’un gros orage. Le lendemain, séparation, certains vont prendre la route du retour, d’autres vont continuer pour visiter. Les Voyageurs du Cœur sont à «Brasov», une ville dans le sud de la Roumanie. A partir de demain matin, ils commenceront à remonter sur la France. Il y a eu 2 semaines de pluie, ce qui n’était pas génial pour le camping, mais tout c’est bien passé.
Ca y est tout le monde est là et un grand merci à Mumu pour la mise à jour des pages pendant notre voyage.
Compte rendu Voyageurs du Cœur – voyage en Roumanie – Raid du Cœur 2005

Nous sommes partis de Grenoble à 5 véhicules (Gérard, Ariane, Reno, Bénédicte, Christian, Alberto, Valérie, véronique, Eric et tous les enfants), notre premier point de rendez vous, le 1er aout avec le soleil prenant ainsi le chemin de l’Italie. Passage au lac de Garde près de Vérone, puis camping le 2 aout à Grado (camping 40 euros et en plus on paie 0,30 cts d’euros pour une douche, puoah !!!). Autoroute A4 E70 direction Trieste, les italiens conduisent en étant fidèles à leur réputation mais seront largement détrôner par les Roumains que nous allons découvrir par la suite.
Le 3 aout passage en Slovénie (cela ressemble à la Suisse, maisons fleuries et colorées).
Douane Hongroise accueil glacial, recherche d’un bivouac et là spontanément un couple s’arrête pour nous indiquer spontanément un étang avec un coin sympa pour la nuit (qui a dit que le hongrois n’était pas sympa ?). Feu de camp Gérard Land Cruiser nous montre l’art et la manière de faire des feux sous la pluie, un restant de ses stages survie en forêt vierge.
Au matin réveil par les pêcheurs et toujours de la pluie qui va malheureusement nous suivre longtemps, direction Lac Balaton sur lequel la tempête sévit. Panneau amusant qui interdit la route aux vélos, charrettes, tracteurs mais pas les DEF, ouf !!!
On prend l’autoroute direction Budapest, les arbres plient sous les vents violents, ensuite après des détours en ville on trouve un camping « Zugligeti Niche » à fuir de toute urgence, sale, peu adapté aux véhicules et serrés comme des huitres à 40 dans une bourriche de 12 on passe la soirée, la nuit et le matin sous la flotte. Par contre on a mangé au restaurant du camping un excellent repas pour 130 euros à 14 personnes. Le matin dégouté on part sans même visiter la ville, on a envie de voir la ROUMANIE et c’est les chevaux attelés à nos 4X4 que l’on emmène à vive allure, au moins 110 quand même, vers notre objectif.
On passe en Roumanie avec une facilité déconcertante vers Carei à Valaj exactement, douaniers sympas nous demandant notre itinéraire et étonnement en voyant les remorques, matériel camping que nous répondons. Les dons sont biens rangés dans les voitures et tout se passera sans problème pour chacun des 4 véhicules passant la douane. Forte pression avant de passer et ca y est nous voilà libérés. Nous sommes le 5 aout. Rencontre dans un village Roumain avec un énorme troupeau de vaches où chacune d’entre elles circulent au milieu de la rue avant de bifurquer de droite et de gauche pour rentrer seules chez elles.

On se trouve un superbe coin pour bivouaquer et ce que nous ont dits avant notre départ les luxembourgois (romain et jean-michel), les bourlingueurs, tous nos contacts du Sud se vérifient dés le premier soir on trouve toujours sans problèmes un coin pour se poser chaque soir en Roumanie.

Le 6 aout réveil un peu tard mais les kms parcourus pour atteindre la Roumanie nécessitaient une petite réparation… Direction Satu Mare, les routes un champ de mine, la traversée des villages est saisissante, nous donnons quelques dons mais dans certains villages les enfants sont habillés avec des lambeaux de vêtements, nous tentons d’apporter un peu d’aide en donnant quelques habits mais l’enfant rentre en courant chez lui. Nous nous posons beaucoup de questions sur la façon d’aborder l’autre et chacun réagit différemment face aux situations que nous générons en partie. Nous sommes tous d’accord pour agir sur une action de partage avant de distribuer nos dons ce qui nous permettra dans l’avenir de créer un contact avant de distribuer des articles.

Satu Mare nous montre une ville assez pauvre reflétant cette région des Maramures, nous disposons notre poubelle au pied d’un point de collecte et une femme s’empresse de récupérer le contenant rapidement, la situation dans les villes du Nord ne semblent pas florissantes pour les oubliés d’une société en pleine mutation.

Le dimanche 7 aout la route est jalonnée au fil des villes et villages de splendides costumes revêtis par les habitants locaux pour le traditionnel jour de repos de la semaine.
Visite d’un musée de maisons en bois à Negresti Oas. Une partie de notre groupe se rend chez les amis des Bourlingueurs pour transmettre un message d’amitié, pendant ce temps là nous sortons les maillots de foot et ballon offerts pour organiser un match sur un pré au fond du village de Rementi avec les enfants Roumains et les nôtres gonflés à bloc pour la gagne.

Visite du cimetière de Sapanta puis retour à Rementi pour bivouac près de grandes roches et d’une rivière, grande lessive en perspective. Pour trouver le bivouac prendre le chemin qui part vers le milieu du village et le suivre jusqu’au bout.

La pluie refait son apparition avec une envie obsédante, nous attaquer le moral chaque jour un peu plus :=)
Lundi 8 aout, réveil difficile il pleut il pleut on file et sur la route on fait le point en buvant un chocolat chaud. 3 voitures partent en direction de l’est pour retrouver le soleil, nous décidons de se poser dans une pension prés du point de rdv prévu avec 3 autres véhicules attendus en dessous de Dej à Bont exactement.

Nous voilà parti avec le DEF à chercher nous aussi un coin pour se ressourcer car la pluie ne veut plus stoppée.
Sur la route on me demande de l’aide car une remorque avait perdue son chargement, équipé d’un treuil je pense pouvoir être utile aux jeunes un peu affolés, en fait ce sont des ROms. Le contact est assez viril mais nous réussissons à recharger la remorque ce qui m’évitera à céder mes chaussures à un jeune assez déterminé à posséder mes Decathlon ForclaZ 300 spéciales rando :=) Pendant ce temps là véronique résiste aux assauts des gamins essayant de fouiller dans la remorque pour attraper les stylos et cahiers dissimulés. Après la bataille et voyant ma détermination à les aider une vieille dame sort d’une maison pour me laver les mains et les essuyer. Surprenant population Rom décidemment difficile à cerner.

Direction Baia Mare, rencontre avec un muet qui nous guide dans son village (artisanat local, séances photos, rencontre avec population et échanges) repas dans un restaurant rapide pas trop cher et bon. En sortant d’une boutique on tombe sur Michel en Patrol GR avec sa petite famille rencontré sur Explo 4X4, nous devions seulement nous retrouver le lendemain au point de RDV (bonne surprise dans cette grisaille)

Une mama roumaine voyant que nous possédons une bouteille d’eau nous réclame de lui céder la bouteille mais pas l’eau, en fait c’est le récipient que les roumains ont besoin nous lui cédons et elle nous ramène quelques minutes après des pommes pour nous remercier.

Formidable peuple que nous allons apprendre à connaître et apprécier au fil de ce mois.
Un roumain qui attendait un bus, parlant bien le français et travaillant à Sevran près de Paris :=) nous indique une très bonne pension à Breb chez Maria et vasile. Nous ne regretterons pas ce choix car la table est excellente et nous allons passer une nuit froide mais oh combien reposante dans deux petits chalets à un prix correct pour les prestations assurées.

Petit déjeuner le matin composé d’œufs pochés, tomates, fromage, crêpe, pain, confiture, miel, café, chocolat et lait de ferme (comme quand on était môme :=)) ensuite on attend 13h que notre linge sèche, et oui notre lessive de la veille dans la rivière.

Rdv le soir à Bont avec Gérard resté au Lac balaton attendre sa douce béatrice, Michel, cédric, annabelle, christine et Thierry qui avec son Range a traversé la Hongrie et le début de Roumanie pour arriver à 22h. On se trouve sur les hauteurs de Bont un très joli coin de bivouac.

Michel le baroudeur part pour Brasov au petit matin, le temps lui est compté mais s’engage à nous rejoindre à Tupilati le 17 pour notre grande distribution dans l’école de ce village.

Nous partons donc avec Gérard et Thierry et nous connaissons notre première crevaison sur le Land Cruiser de Gérard. Retour à Gherla pour faire réparer chez un réparateur de pneu avec une réparation qui collera tout au long du voyage au ALL terrain introuvable dans les provinces roumaines (coût de 7 euros pour un travail soigné et de qualité). Sur l’ensemble des 7 véhicules 5 crevaisons auront lieu et l’utilisation de mèches sera nécessaire pour réparer les pneus meurtris par les chemins roumains.
Passages à niveau ou le Stop est obligatoire, usines désaffectées se dressant au bord des routes parsèment notre chemin vers Bistrita, nous prenons une route encaissée et se transformant rapidement en chemin et là pour la première fois nous privé de bivouacs faciles nous obligeant à progresser et s’enfoncer de plus en plus dans les bois. Wendy en lisant notre document remis à chaque membre du groupe retrouve notre arme secrète qu’Ariane nous avait concocté avant le départ :

Bunã ziua,
Noi sîntem francezi şi vizitãm ţara dumneavoastrã.
Noi dormim într-un cort, pe care am dori sã-l instalãm aici pentru noaptea aceasta. Este posibil ?
Vã multumim mult.

Ce qui grosso modo veut dire au passant qu’on est cool et que l’on cherche un petit coin pour poser nos 4X4 dans un pré.

Une gentille personne nous indique un pré disponible en haut d’une montagne près d’un monastère, après l’ascension d’un chemin escarpé nous trouvons enfin ce petit coin fort sympathique qui permettra à Gérard d’exercer ses talents de préparation de feu en bivouac.
Réveil le 11 aout avec les vaches venant prendre possession de leur pré nous reprenons notre chemin représenter comme une route sur la carte IGN mais qui s’avéra ne plus exister.

En fait 2 heures ont été nécessaires pour traverser les bois en utilisant les renseignements de la population et les GPS, boussoles et autres grigri pour trouver l’issue permettant d’accéder à Vatra Dornei. En tout cas notre ballade dans les bois est superbe et nous vaudra un treuillage de Range qui goutera au plaisir de faire trempette dans un marais. Au moins les enfants sont contents d’assister à la manœuvre.
Direction Radauti pour rejoindre le 1er groupe, Gérard et Béatrice nous quittent pour tenter de trouver une pension.
Retrouvailles à Sucevita avec nos compagnons laissés prendre la direction de l’est, quelle joie de se retrouver et de présenter Thierry au reste du groupe.

Recherche d’un bivouac à Galinesti prés de Radauti, un paysan nous offre son champ de blé pour la nuit et invite les enfants à monter sur son cheval. Nuit au calme.
Au matin du 12 aout le paysan revient nous voir il nous propose des pommes de terre de son champ, apprend aux enfants à ramasser les pommes de terre pendant que nous rangeons le bivouac.

Nous lui offrons des fournitures scolaires pour ses enfants et un bibelot pour sa compagne, on ne parle pas la même langue mais les rires et les regards nous font un vivre un moment de complicité.

Certains sont partis tôt pour assister à une foire aux chevaux, nous dépannons Thierry qui connaît quelques ennuis de batterie sur le Range. Tout le monde se retrouve à Radauti après que nous ayons seuls eu un contrôle routier sur la route, procédure d’arrêt en plein milieu de la nationale par un seul policier et contrôle des papiers du véhicule, depuis le mois de mars 2005 il est nécessaire de posséder une vignette de 4 euros pour circuler en Roumanie mais visiblement aucune demande de la part du policier, nous repartons sans problèmes.

Repas très long car nous nous apercevons que l’attente des plats dans un restaurant en Roumanie est assez longue… Nous partons vers un de nos objectifs fixés au départ par notre ami Romain le centre ambulancier de Radauti.

Le médecin responsable du centre est un peu surprise, parle peu de mots en français se méfie en fait de la bande d’allumés débarquant dans son bureau avec l’envie de réaliser un don pour le centre :=)

Sylvia une infirmière parlant français vient à notre secours et Georgetta parlant l’anglais la rejoint et nous entamons une tentative d’explication de nos intentions envers leurs centre en tentant d’expliquer que Romain Luxembourgeois de son état venu il y a dix ans dans ce centre nous avait demandé de réaliser une opération Voyageurs du Cœur pour améliorer leur fonctionnement.

Le médecin chef ayant compris nos désirs rédige à notre demande une liste des principaux produits manquant au fonctionnement au centre. Nous partons en ambulance en ville pour acheter dans une grande pharmacie pour 130 euros de médicaments, compresses et autres produits nécessaire à l’exercice de leurs métiers. Notre carte bleue voyageurs du cœur refuse de fonctionner devant les yeux de Sylvia qui ne comprend pas tellement ce mauvais coup de sort. Nous pallions avec notre propre carte à cet incident et la trésorière de VDC s’engage à rembourser le gentil membre qui lui est venu en aide.

Nous revenons avec le pimpon de l’ambulance jusqu’au centre ambulancier, embrassades, échanges d’adresses et promesses de se revoir. Je pense que nous reviendrons lorsque nous tenterons un raid du cœur en Ukraine, avec la même générosité nos interprètes nous invitent à revenir loger chez elles quand nous le souhaiterons. Que l’Europe des marchés et des standards ne vienne pas trop vite transformer ce peuple méritant et chaleureux.

Nous rejoignons le reste du groupe pour un nouveau bivouac où des habitants nous offrent l’eau de leurs puits, petites peluches pour les enfants qui comme d’habitude regardent ces présents avec de grands yeux. La peluche est un produit important pour les dons, produit cher, léger, compressible il nous est possible d’en emmener beaucoup avec un poids minime et nous permet de toucher directement l’enfant.

Le 13 aout nous partons tous ensemble par les chemins pour rejoindre Putna pour une visite de monastère. Nous reprenons les chemins en direction de Prislop 1490 mètres d’altitude en prévision d’une fête folklorique prévue le lendemain.

Nous trouvons un endroit sympa pour faire du 4X4, passage de rivières, croisements de ponts sur chemins en pierre, la récréation commence et nous testons avec Reno les possibilités de franchissement de nos remorques en environnement hostile :=)
Nous reprenons le chemin et Reno et Thierry crèvent et devrons utiliser les mèches pour une réparation du pneu au bivouac le soir.

Dimanche 14 petit problème de batterie pour Thierry, vive les câbles de démarrage, sur le trajet arrêt au marché d’une petite ville où nous réussissons à trouver des bottes pour les enfants au prix de 4 euros environ la paire.

Arrivée au col de Prislop, on se croirait au tour de France avec des voitures garées partout et des roumains excités désirant passer coûte que coûte pour arriver en haut du col.
Le choc en arrivant une foule énorme massée sur les collines aux alentours, des camelots, scènes pour groupes folkloriques mais le calme règne malgré nos craintes de voir des débordements avec une pareille foule.

Nous trouvons des articles à des prix très intéressants, un superbe couteau négocié à 20 lei soit environ 5 euros.
Dans cette foule impossible de se retrouver mais nous finissons par rejoindre Alberto et Valérie qui profitent de notre absence pour sympathiser avec un français marié à une Roumaine :=) petits échanges et réflexions sur le pays.
Direction Gura Humorolui dans la pension de :

Elena et Leonard BUTUCEA
Camping à la ferme Manastirea Humorului Jud. Suceava Mobile +40 744 95 90 47 (fr)
sur indication des bourlingueurs www.bourlingueurs.com et nous y prendrons pension pour deux jours pour faire un break et les lessives.

Chaque soir Leonard nous raconte les anecdotes sur la Roumanie d’avant et les années sous l’ancien régime (sans commentaires), on sent une certaine méfiance à nous parler d’une époque troublée où la liberté de penser était plus que difficile. Bizarrement nous rencontrerons au fil de nos contacts des avis partagés sur cette période, certains regrettant cette époque où chacun avait un travail, manger des produits exclusivement locaux où l’état s’occupait de tout…

Lundi 15 août, Petit déjeuner et direction monastère du village où nous résidons pour assister à une messe, nous nous faisons discrets parmi la foule où notre présence est remarquée dans cette foule habillée en costumes traditionnels ou du dimanche.
On en profite pour acheter des œufs peints au prix de 4 lei (1 euro), on rentre à la pension et on se fait un petit barbecue qui portera un coup fatal à la santé de Thierry, le lendemain.

EN nettoyant le treuil l’après-midi une sur tension se produit mettant le feu à l’installation électrique arrière composée d’un convertisseur 12/220 et de deux prises allume cigares, encore des progrès à faire sur l’installation électrique auxiliaire.
Leonard nous sert un bon repas chaque soir et nous finissons chaque soirée en finissant la bouteille de goutte, ca y est on devient roumain :=) Un soir un jeune couple d’hollandais qui arrivaient du Russie après un passage en Duty Free sortent la bière et le Whisky pour compléter la goutte PALINKA de Leonard, c’est surement pour cela qu’à 2 h30 du matin j’avais l’impression que la voiture de Thierry allumait ses phares dans la cour.
Dernière chose amusante les toilettes sont à voir pour le fun, pas d’eau courante on met de la sciure de bois à la fin des commissions.

Mardi 16 visite du superbe monastère de Voronet, achat de 2 matrioska à 90 lei, l’après midi visite de Gura Humorolui, dans un magasin de second rang les vêtements sont vendus au poids. Nous trouvons un cyber café, j’en profite pour envoyer un point par mail sur notre voyage pour mettre à jour notre site web http://voyageursducoeur.free.fr/
Nous voyons beaucoup d’auto stoppeurs le long des routes et les roumains avec leur Dacia s’empressent de prendre à bord, explication simple le gasoil ayant fortement augmenté chaque participant au voyage chaotique à bord d’une voiture roumaine participe aux frais.

Retour au camping à la ferme où nous rencontrons pour la deuxième fois les savoyards qui visitent la Roumanie en Defender 110, tests de leur matériels car un départ pour l’Afrique est prévu dans moins d’un an pour y rester cinq ans, beau projet que nous ne manquerons pas de suivre.
Mercredi 17 le grand jour se précise, les savoyards nous donnent l’équivalent d’une malle supplémentaire à emmener à Tupilati pour l’école. 2 accidents dont un mortel le long de la route qui nous emmène à Piatra Neamt notre point de rendez vous, décidément la conduite roumaine s’avère très dangereuse… Arrivés à 18 h personne mais peu de temps après Madalina notre contact depuis des mois pour préparer cette opération apparaît. Nous avons l’impression de la connaître depuis toujours l’internet est vraiment un superbe moyen pour découvrir et initier l’amitié.

Madalina nous emmène prendre possession de nos petits chalets où la location n’est pas chère, vers 20 h30 un camion benne rempli d’ouvriers arrive pour déposer ces hommes qui passeront la nuit dans la plupart des chalets. Nous retrouvons Madalina à 21 h qui nous emmène dans un restaurant égyptien :=) où nous pourrons quand même manger quelques plats roumains.
Jeudi 18 On est sur les starting blocs nous devons rencontrer les enfants aujourd’hui, petit déjeuner devant la gare où nous attendons Madalina et sa sœur pour une visite de la ville, excursion au Zoo où nous pourrons voir enfin des ours et des loups J
6 véhicules sur 7 ont répondus présents malgré une météo difficile pendant 15 jours pour faire de cette journée un moment inoubliable.

Nous passons dans un magasin pour acheter des boissons et des sacs en plastique pour répartir les dons. On s’arrête sur la route à Girov pour manger 2 h d’attente la pression monte…

Je prends la tête du convoi et emmène dans un train d’enfer le convoi (en doublant même quelques roumains), nous somme impatients d’arriver. Arrivée à Tupilati à 17h10, les deux heures qui vont suivre vont nous charger en émotion et nous combler de joie devant ces enfants à la fois étonnés et ravis de voir arriver des 4X4 de Noel dans leur village.
On décharge les véhicules, on filme l’événement, les tziganes arrivent comprennent rapidement que nous allons distribuer des biens à l’école. Ces gens n’ont rien et nous réclament avec insistance de les aider, nous donnons des ampoules, tee shirts, un cigare et l’atmosphère se détend mais il faut garder le contrôle de cette opération.

Le ballet des malles et sacs se poursuit vers l’école, pendant que certains organisent la distribution d’autres font chanter des chansons aux enfants venus en nombre à l’invitation pour cette journée. J’arrive enfin à l’école, la cérémonie du pain et du sel m’attend, on me remet un cordon aux couleurs de la Roumanie, un panneau dans une classe nous remercie pour notre venue.

Tout va vite la distribution s’organise, une partie de foot avec les enfants du village et nos enfants démarre dans la cour de l’école, nous distribuons les maillots de foot apportés dans nos malles.

Dehors nous avons organisés une surveillance de nos remorques mais à mon étonnement personne ne touche à la bâche de la remorque. Un monsieur nous explique qu’il ne vit que de la pêche n’ayant ni bois, ni champs pour nourrir sa famille. Vincent un des enfants du groupe à qui nous avions offert un coffret contenant un lancer canne à pêche va spontanément lui offrir, grand moment d’émotion.
De mon côté cet épisode cumulé à d’autres me font penser que nous devons avoir à l’esprit l’utilité du don (la peluche aux enfants, la canne à pêche pour manger, les bottes pour avoir les pieds au sec l’hiver) qui doit permettre de faire grandir l’homme et non l’assister.

Tout va très vite, tout le groupe est actif et participe à la distribution. Les enfants qui reçoivent leurs dons repartent dans leurs maisons, quel émerveillement de combler ces enfants avec des peluches et différents petits cadeaux. Qui n’a jamais rêvé de jouer au père noël mais le résultat de ce moment de complicité n’a pu se réaliser grâce au travail de chacun pour préparer cette opération.

Notre convoi repart dans une certaine confusion (on perd vite ses marques après tant d’émotion) et nous traversons ce pont écroulé en partie il y a quelques mois et qui relie le village à la ville la plus proche pour rejoindre deux auberges où dans l’une nous devons manger et l’autre dormir. Depuis le début d’après-midi la pluie menace et le soir venu un orage violent éclate rendant difficile l’accès aux auberges. Une coupure d’électricité nous oblige à prendre le repas dans l’autre auberge. Madalina n’ayant pas prévue de rester avec nous véro et moi la raccompagnons sous un orage dantesque où route et champs se confondent sur un lit d’eau avec des éclairs nous éclairant comme en plein jour une campagne sombre. Nous réalisons un crochet par la campagne pour voir le compagnon de Madalina, Cezar. Les beaux parents nous reçoivent et nous offrent du champagne, petits échanges puis nous remettons notre dernière peluche (un ours qui était notre mascotte) à un enfant adopté par les parents de Cezar. Cezar est isolé à la campagne pendant 15 jours pour changer la caisse de sa Dacia, je me demande si la Dacia comme le Defender n’est pas éternelle en fait :=)

L’hôtel réservé par Madalina comporte des chambres à 17 euros avec deux lits seulement par famille, tant pis quand on dort dehors sous la pluie on se contente même d’une pièce sans lit. Nous sommes rentrés à 23h et surprise Ariane nous avait commandé des assiettes géantes pour se restaurer. Je m’aperçois au réveil que je préfère dormir dans ma tente de toit que dans une chambre d’hôtel :=)
Le lendemain matin, vendredi 19 aout tout le monde repart en petits groupes, certains rentrent en France, d’autres partent vers le delta du Danube, nous partons seuls passant par Piatra Neamt voir Madalina qui travaille dans un magasin de fleurs l’été. Grosses embrassades et promesses de se revoir, de toute façon nous devons voir ensemble pour financer des travaux dans l’école, nous apprendrons de retour en France que l’école va être détruite dans 2 ans et qu’il donc devenu inutile d’investir à Tupilati.

Lors de notre retour la veille nous avons proposé à Madalina de devenir notre correspondant en Roumanie pour nous indiquer des opportunités d’opérations que nous pouvons mener au service de l’enfance. Nous aurons donc l’occasion de revenir pour aider d’autres écoles je pense.
Partis seuls nous prenons la route de Bicaz (ne pas rater) et comme il est tard au détour d’un petit chemin nous nous enfonçons seuls dans la forêt, après quelques kilomètres nous tombons sur une voie sans issue dans la montagne, nous rebroussons chemin et sur le retour Véro filme notre avancée en étant sur le toit, laissant la place à Wendy et Kathleen qui filme à leur tour un charmant troupeau de moutons qui nous arrive sur la droite, un des chiens arrive vers nous en aboyant, amusements, puis deux, trois et ainsi de suite pour commencer à effrayer nos filles à qui je demande de monter en vitesse sur les malles accrochées sur le toit. Grosse frayeur et rigolades un peu plus loin, nous en profitons pour pique niquer au bord de l’eau. Nous rejoignons Praid sur la route de Sighisoara et trouvons une pension pour 15 euros par personne pour la nuit avec repas du soir et petit déjeuner prévu. Chambres très confortables, douche chaude mais dés le repas du soir hic pas de désert. Bon, on va en ville se manger une glace soyons cool on est en vacances :=) Le lendemain matin Samedi 20 août surprise un café noir est servi par personne et rien d’autre, là on sent que l’on est plus en campagne avec nos menus accueillants et copieux. Petite réclamation mais on se comprend difficilement, je prends le petit roumain illustré et réclame un petit déjeuner digne de ce nom, le dialogue est difficile et devant mon manque d’humour le monsieur va chercher sa fille qui nous ramène du fromage, du lait, des tomates, des œufs, de la confiture… On se demande si on ne va pas se retrouver avec un supplément et puis gentiment on nous laisse partir, bizarre.

Nous visitons la mine de sel de Praid (a faire absolument) on monte dans un bus qui descend à 800 mètres sous terre et nous nous retrouvons dans une vraie ville avec des salles immenses où des centaines de gens passent la journée pour profiter du bon air à respirer.

Arrivée à Sighisoara, place médiévale animée par des groupes folkloriques très jolie avec ses vielles bâtisses. On prend des beignets au fromage (ne pas rater). Nous repartons sans plus tarder pour Bran où nous retrouvons une partie du groupe au château de Dracula. Nous partons à la recherche d’un bivouac que nous trouverons enfin dans une superbe forêt nous mettant à l’abri d’éventuelles pluies nocturnes, nous sommes prés de Brasov et c’est le coin où les ours aiment bien rôder… Reno nous prépare un bon repas avec les pommes de terre roumaines offertes et des girolles achetées au bord des routes.

Le lendemain matin Dimanche 21 Reno s’aperçoit que les lames qui reposent sur l’essieu de sa remorque sont dessoudées, nous devions partir faire un road book mais nous préférons repartir en ville à Zanesti pour trouver un poste à souder, deux sangles feront l’affaire pour tenir l’ensemble. En chemin nous glanons des champignons dans les bois, arrivés en ville un roumain nous emmène chez lui et ressoude la remorque pour 20 lei environ 5, 50 euros.
Nous avons rendez vous à Bran avec notre ami Jean-Michel Pauly et Michaela venus du Luxembourg passés leurs vacances en Roumanie, nous laissons donc à Zanesti Reno, christian, Ariane et Bénedicte qui décident d’attaquer les chemins, je leur prête le T-max en cas de plantage.
Nous prenons un pot dans une taverne à Bran, où les bancs sont des cercueils et les tables des squelettes, après les retrouvailles et nous dirigeons à la pension où ils sont logés.
Nous nous reposons le restant de l’après midi à la pension et visitons nos chambres en soirée, 100 lei pour 4 avec le petit déjeuner. Nos amis nous offrent notre repas du soir typiquement roumain avec des choux roulés avec de la viande et de la polenta baignant dans du fromage. En dessert des crêpes à l’abricot et aux myrtilles, excellent.
Lundi 22 aout visite de Brasov, magasins, monuments, bons repas dans un restaurant du centre ville, attention le serveur réclame un pourboire de plus de 10 % de la note, bizarre…

Nous quittons Jean-michel et Michaela pour nous rendre à Sibiu et nous rejoignons Reno et Christian pour bivouaquer au bord d’une rivière mais pour les rejoindre nous sommes obligés de couper par un chemin dans les bois pour les retrouver. Diner avec pâtes et trompettes de la mort, nuit pluvieuse.

Mardi 23 aout Bénédicte et Christian partent à 6h du matin pour rentrer à Grenoble, les au revoir ont eu lieu le soir. Nous partons à 8h20 (on devient bon dans le rangement de bivouac) pour nous retrouver à Sibiu et visiter rapidement la ville. Petit déjeuner et pique nique sur la route en direction d’Arad, en chemin Jean-Michel nous informe que la frontière à Arad est fermée à cause d’une panne électrique nous décidons de bifurquer et de remonter au Nord pour passer à Gyula le passage en douane.

En Hongrie nous n’arrivons pas à trouver de coins pour dormir, d’hôtels ou de pensions alors nous décidons dans une ville nommée NagyKoros de manger dans une pizzeria et d’aviser ensuite. Nous demandons au serveur qui nous indique que le bâtiment à côté du restaurant comporte des chambres libres, il suffit de téléphoner à un numéro inscrit sur la porte, une dame nous rejoint et nous demande 50 euros pour 8 personnes et deux grandes chambres.

Mercredi 24 direction Vienne, nous passons Budapest, Gyor en Hongrie. Juste avant la frontière autrichienne on s’arrête sur les conseils d’amis au restaurant Paprika-csarda à Hegyeshalom. Pour 10 euros 1 épaule de porc pour deux, avec choux rouges, purée, bon dessert, bière d’un vrai demi-litre (ne pas manquer).

Vienne, visites de nuit et de jour, magasins et camping aux abords de la ville. Camping propre.
Jeudi 6 aout nous laissons les remorques au camping et nous partons visiter l’école espagnole d’équitation. On nous explique que la place est à 6 euros même pour les enfants et qu’il s’agit de l’entraînement des chevaux, soit nous payons. Attention c’est l’arnaque les chevaux marchent au pas mais sans figure et on s’… pendant une heure, enfin 40 mns pour moi et je descends au guichet leur dire que c’est de l’escroquerie, on me donne une adresse pour me faire rembourser. Achats de fringues militaires dans un magasin de l’armée. J’ai pris un PV de stationnement de 21 euros, poubelle.

Cette ville est trop propre, trop européenne, les monuments finissent pas être lassants, allez nous on veut revoir notre maison en meulière de 1900 à Gagny, on décide de faire une trace directe jusqu’à Paris 1400 kms d’une traite, nous mangeons au resto à Stuggart et au petit matin un arrêt à Troyes pour acheter des fringues et chaussures, ca y est on est revenu en France.

De son voyage je garde le souvenir d’un voyage certes bien arrosé (eau du ciel bien sûr) mais chaleureux par la composition du groupe, l’élan insufflé 8 mois avant pour monter ce groupe à porter ses fruits car nous avons réussi à démontrer que nous pouvions réussir des objectifs en commun sans directives fortes mais simplement sur des motivations diverses et personnelles généralement dictées par le cœur.

Qui partout découvre un point lumineux n’a rien à craindre de l’obscurité
Bons voyages à toutes et tous…